Retour de pêcher (au) Bénin

Le long de la route des Pêches, qui mène à Ouidah port(e) de départ des esclaves pour les colonies,  une mer bleu intense brodée de blanc.

A intervalles réguliers, les pêcheurs aidés de la population du village, y compris les femmes enceintes ou leur bébé dans le dos, les deux à la fois  parfois, s’arcboutent pour hisser la lourde pirogue sur la plage, où ils pourront se partager la manne arrachée à la mer.

Il y a la piste ocre,  l’on y croise des fillettes à peine plus grandes que les bébés qu’elles portent sur le dos, un temple vaudou, quelques paillotes déglinguées au nom rêveur de côte d’Azur, des litanies de marcheurs, la démarche altière sous d’imposants chargements, des chevrettes, un cochon, des agneaux, quelques poules, un berger sous un grand chapeau, de maigres zébus, trois chiens squelettiques, et des dormeurs, à même le sol ou sur une natte pour les mieux lotis, debout la tête posée sur les bras, sur l’étroite selle d’un zem, sur le comptoir d’une minuscule boutique au toit de chaume…

 

Poésie du plein

D’improbables chargements, hommes, bêtes et marchandises mêlés, sous lesquels ploient d’antiques véhicules, défient les lois de l’équilibre.

Tant et tant, échoués, renversés, écrasés, brûlés dans les fossés témoignent de la violence des chocs entre ces monstres mécaniques, avaleurs de piste ou de bitume défoncés.

Poésie du peu

La « cafétéria » de guingois sous un toit de tôle ondulé, mouches et nescafé au lait concentré au petit déjeuner, le folklore du jour est le quotidien de mes voisins de zinc, à des années lumières sous le soleil de plomb, des semelles de plomb de la ville lumière à moins que ça ne soit l’inverse ?

Sous le soleil exactement

C’est là, tout près du ciel, en haut d’une échelle taillée dans la masse,  que l’on accède au grenier, où se trouvent aussi, comme cocon tout rond, sous leur toit de chaume, deux abris minuscules,  sans autre ouverture que celle où l’on passe en rampant, pour dormir à l’abri.

Maison Tata Samba (nord Bénin)