Marché de nuit à Chang Maï

songeuse danseuse

songeuse danseuse

Dans la ville toute enveloppée de nuit, nous allons, papillons vers la lumière du marché  de nuit du dimanche, tout animé encore des festivités pour le souverain, une foule dense se presse autour des étalages qui exposent l’artisanat de la région, et nous regretterons de n’y avoir pas fait nos emplettes, le night bazar qui se tient toute la semaine n’offre pas la même qualité, ni la même esthétique…

Mais ce soir là, la fatigue, le lent cheminement dans la foule, les musiciens, chanteurs, feux d’artifice nous enivrent.

Soudain, une incroyable pause dans la cohue, la foule fervente, toute affaire cessante, allume des bougies et entonne un hymne à son souverain, lui souhaitant longue vie agrémentée de mille bonheurs…

La foule fervente chante pour l'anniversaire du roi

La foule fervente chante pour l’anniversaire du roi

Arrivée à Chang Maï

Les petites gares coquettes dans leurs drapés de verdure , plantées au milieu de nulle part, à chacune son chef de gare, ponctuent la fin du trajet,

sur le quai d'une petite gare entre Bangkok et Chang Maî chef de gare immaculé

sur le quai d’une petite gare entre Bangkok et Chang Maî chef de gare immaculé

au milieu des champs où, sous de grands chapeaux disparaissent ceux qui y travaillent, à mains nues.

travaux des champs du côté de Chang Maï

travaux des champs du côté de Chang Maï

Chang Maï est le terminus, un Song Toew nous emmène à la Pha Thaï Guest House, petite maison sereine. Bois et végétation luxuriante, le bruit de l’eau qui coule.

Notre chambre est au 2ème étage, blanche et de bois sombre, un grand ventilateur et la clim, impeccablement propre, des statuettes nous saluent au bord de l’escalier, quand nous ôtons nos chaussures, pour y pénétrer.

Image

Après avoir déjeuner d’un curry brûlant dans un jardin serein, à deux pas de notre guest house, nous prenons un taxi pour  nous emmener au Wat Doï Suthep, bâti sur la montagne du même nom.

Comme c’est la fête du roi et que nous sommes dimanche, une foule en liesse entoure le temple, les fidèles prient en tournant autour du stupa, plus ou moins dévotement, certains le portable à l’oreille et le bouton de fleur de lotus dans la main.

Bouddha couché ferveur debout

Bouddha couché ferveur debout

Des petites filles dansent gracieusement, leur petit visage souriant et sérieux, maquillé à la perfection. Les petits garçons jouent de la musique, tout aussi concentrés, de jeunes moines à peine sortis de l’enfance se font tirer le portrait par leur mère, ou leur pairs, les tout petits enfants batifolent, ambiance sereine et gaie, colorée, dorée, une bouffée de bonheur sur les hauteurs.

Le chauffeur nous attend et nous ramène en ville dans le soir finissant.

3 bonzes dans le jardin du Temple

3 bonzes dans le jardin du Temple

Cérémonie, l'attente des petites filles

Cérémonie, l’attente des petites filles

Départ pour Chang Maï

A peine le temps de récupérer les sacs et les valises, d’emprunter un taxi qui après être resté bloqué dans les embouteillages fonce en se faufilant, ce qui en l’absence de ceinture de sécurité (ou plutôt absence de système d’attache, puisque les ceintures existent bien) n’est pas très rassurant.

Une fête foraine incroyablement bruyante enserre la gare, de telle sorte que nous ne pouvons être déposés à la porte et transportons gamelles et bidons entre les échoppes, les oreilles agressées par les hauts parleurs déversant des sons nasillards que nous fuyons très vite, dès que nous avons pu échanger nos billets d seconde contre d’autres en première, espérant passer une meilleure nuit.

Erreur : notre cabine individuelle est glaciale, on ne peut régler la clim et la proximité des toilettes nous vaut une odeur nauséabonde toute la nuit !

Au départ de Bangkok, le train roule doucement, s’arrête de longs moments, par la fenêtre je vois les voitures au ralenti, elles aussi, projeter des gerbes d’eau qui étincellent dans la nuit, nous longeons des baraques de bric et de broc, des familles vivent là entre gamelles et sac de sable et plus nous avançons, plus l’eau s’étend et domine, vaste miroir qui serait féérique, sous la lune cette nuit, s’il n’y avait pas cette population perdue au milieu des eaux, sur pilotis improvisés, lueurs tremblotantes d’un feu de bois et digues qui se font cascades.

L’odeur d’eau croupie pénètre dans notre petite cabine de 1ère classe, où bien à l’abri, nous traversons ce désastre que les mots des journaux ont déjà oublié !Image