Jungle

Le parc Khao Yai constitue l’une des plus vastes forêts d’Asie, 70 types de mammifères y sont recensés dont des éléphants, des cerfs, des ours, des cochons sauvages, des léopards des tigres et des singes macaques et gibbons, et environ 300 espèces d’oiseaux, sans  parler de nombreuses espèces d’insectes, de fourmis, de serpent (dont le cobra royal), ce qui justifie de se faire accompagner d’un guide pour la randonnée !

Le nôtre après une première halte pour mettre les guêtres anti sangsues et une autre pour contempler avec des jumelles un magnifique calao perché tout en haut d’un arbre, nous mène bon train.

Parc Naturel de Khao Yai

Parc Naturel de Khao Yai

Nous croisons Babouins, cerfs et biches en abondance, très curieux de nous voir ; de beaux spécimen d’oiseaux, un écureuil noir géant et son alter ego et puis quelques gibbons acrobates, mais fascination surtout pour la canopée qui nous domine, l’entrelacement des lianes  dont certaines semblent sculptées, cette odeur forte de forêt dense, notre guide nous désigne le bois de santal, celui dont on extrait le baume du tigre, celui qui permet de lutter contre la fièvre jaune et celui contre le mal des transports.

Ivresse de la marche à travers  l’abondante verdure bruissante de la rumeur  inquiétante de mille vies étrangères qu’elle dissimule et protège.

pas vu les éléphants, mais les traces de leur passage, si !

pas vu les éléphants, mais les traces de leur passage, si !

 

Arbres vénérables et sentiers improbables, marque de griffes d’ours de Malaisie sur quelques troncs, une caméra à hauteur de tigre pour repérer un éventuel passage du gros chat, nous marchons longtemps avant de déjeuner, sommairement, près d’une cascade vers laquelle nous descendons, avant d’avancer ensuite dans le fouillis des lianes, le long de la rivière où nous attend un crocodile (on le dirait empaillé) sur un tronc d’arbre couché en travers du marigot.

Coucher de soleil sur Khao Yai

Coucher de soleil sur Khao Yai

Remontée ardue vers le 4 x 4 qui nous attend, pour nous emmener à la recherche des éléphants. Ils  ne daignent laisser comme signe de leur présence en ces lieux que de fraiches déjections sur notre route… Nous nous contentons des facéties des babouins avant de rentrer, ivres de tant de vert.

Taxi, chauve souris et veuve noire

A 5 h, à Siem Reap,  le chant du coq et l’appel à la prière nous ont réveillé, notre fidèle chauffeur de tuk tuk nous emmène à l’aéroport de bonne heure, nous rejoignons Bangkok puis de là partons pour le parc naturel de Khao Yai.

Nous avions prévu de prendre le train mais les inondations ont aggravé les retards et la préposée  à l’aéroport, à qui je demandais un taxi pour la station d’autocars me convainc que le trajet en taxi jusqu’à Khao Yai, pour 3 personnes serait plus rapide – ce qui est vrai puisque nous partions directement de l’aéroport – et plus économique – ce qui ne l’est pas ! (2000 baths en taxi / 149 baths/pers en autocar).

Un petit moment de solitude quand la préposée désigne le taxi qui nous emmène, interdit aux claustrophobes :  l’intérieur est entièrement recouvert d’images de Bouddha ou du Roi, de pièces de monnaies et de billets étrangers, des grigris pendouillent du plafond, le pare brise arrière est totalement occulté et les vitres presque autant, quant au chauffeur, il porte fièrement lunettes noires et nombreuses  médailles, sans doute pas de premier prix de géographie car il veut bien nous emmener, mais ne sait pas où et passe un long moment au téléphone à se faire expliquer le trajet, ce qui nous inquiète quelque peu !

Entre Bangkok et Pak Chong l’autoroute semble ne traverser qu’une gigantesque zone à demi industrielle, on voit encore la trace des inondations récentes, le tout dominé ça et là par de gigantesques figures de Bouddha, et puis sans transition le grand vert…

Notre chauffeur est un peu perdu et nous amène dans une guest house qui n’est pas celle que V. a réservée, il passe de nouveau un certain temps au téléphone pour se faire guider à nouveau, un genre de GPS vocal à distance, ce qui ne l’empêche pas de tourner plusieurs fois autour d’un rond point et de s’engager à deux reprises dans une mauvaise direction.

Mais il finit pas nous déposer au bon endroit, où l’on peut se poser dans l’un des jolis pavillons à l’architecture traditionnelles disséminés dans un jardin opulent où se trouve une piscine à débordement, tout près d’un torrent, c’est presque du luxe mais surtout très calme et volupté, si l’on fait abstraction de la salle de bains ouverte sur le jardin sans égard pour les moustiques et autres petites bêtes curieuses qui peuvent bien vouloir partager ce territoire avec nous !

Le temps gagné nous permet de nous joindre à l’excursion du soir, où l’on se  glisse dans une grotte, où l’on se faufile pliés en deux pour retrouver un Bouddha sculpté à même la roche, en compagnie d’une veuve noire terrée au fond de son nid.

Le nid de la veuve noire Le nid de la veuve noire

Une halte dans un temple peint de couleurs vives surchargées de dorure et dans les lumières roses du soir, le vol halluciné de millions de chauve souris quittant leurs grottes pour aller chercher fortune dans le parc, en formant une gigantesque étole se mouvant comme un serpent dans le ciel.

Le vol des chauve souris au coucher du soleil