En scooter vers le mont Batur

7 h 30, les mille bruissements de la vie du balé, les rires des enfants, Raï revient du poulailler avec des oeufs frais, j’ai les yeux encore plein des couleurs de la somptueuse cérémonie de la veille, un tel amoncellement d’offrandes minutieusement préparées, empilées dans un équilibre savant, que n’ébranlent jamais les lents mouvements de la foule superbement parée,

« pas de police, pas de casque » me dit Nyoman la première fois qu’il vient me chercher en scooter à Ubud, oui mais je lui précise que le casque c’est plutôt pour protéger nos têtes fragiles, alors, à chaque fois, police ou pas, nous portons un casque ….

en scooter, avec Nyoman sur un chemin près du lac Batur

en scooter, avec Nyoman sur un chemin près du lac Batur

Sur le scooter on entend le tintement des mobiles musicaux destinés à effrayer les oiseaux, les frottements, les coups secs, des outils sur le bois et la pierre dans les villages d’artisan, on sent l’odeur puissante des engrais et celle légère du vert qui nous enserre, le parfum des frangipaniers,  on est proche de cette vieille femme aux seins nus que l’on croise, du bric à brac coloré des warungs, des travailleurs en claquettes, des porteuses d’offrandes, de l’échappée des écoliers en uniforme…

La route monte et descend, tourne et retourne entre les étendues de champs, de forêts, on traverse  le village de sculpteurs sur bois, celui des fabricants d’autels, artisans du sacré

A l'oeuvre à Taro, le village de sculpteurs sur bois

A l’oeuvre à Taro, le village de sculpteurs sur bois

Le nom du dernier village avant le lac Batur est Penelokan. Le lieu d’où l’on regarde…

Le mont BaturEn s’approchant du lac Batur, fini le calme et la verdure, de lourds camions penchent sous leur cargaison de sable ou de lave du volcan, ils nous croisent ou nous dépassent, monstres cracheurs de poussière, le paysage se fait lunaire au milieu duquel brille le lac, vaste aplat de soie bleu vert dans ce chaos de lave.

Deux étudiantes en géologie, venues de Java, font une touche de couleur dans se paysage austère qui cache encore, dans un tunnel de lave, un petit temple

Deux étudiantes en géologie, venues de Java, font une touche de couleur dans se paysage austère qui cache encore, dans un tunnel de lave, un petit temple

Au bord du lac les pêcheurs et plus loin les pisciculteurs accroupis sur des casiers flottants, en équilibre sur le bleu métallique du lac. Le cadre serait idyllique sans la pompe bruyante et crachotant une épaisse et nauséabonde fumée noire … que l’on ne voit pas sur la photo.

pêcheurs avec casque au lac Batur

pêcheurs avec casque au lac Batur

Le warung où nous espérions déjeuner est fermé, celui où nous nous arrêtons est sans fenêtre et nous déjeunons d’un poisson frit, le mien n’a que la peau et les os si je puis dire et se débattre avec une cuillère et une fourchette (il n’y a pas de couteau) pour manger un poisson anorexique n’est pas simple ! Mais la sauce aux tomates et le riz mélangés sont un régal et l’appétit de Nyoman et Brahma qui se débrouillent beaucoup mieux sans couverts fait plaisir à voir !

Au désespoir du poisson frit, le petit récipient du fond avec de l'eau, c'est le lavabo, si on mange avec les doigts

Au désespoir du poisson frit, le petit récipient du fond avec de l’eau, c’est le lavabo, si on mange avec les doigts

Sur le chemin du retour, Nyoman nous emmène déguster café et thé, au gingembre, au ginseng, à la citronnelle  à la vanille, au cacao etc, dans une superbe plantation bio, à la magnificence toute tropicale.

Une charmante grand-mère occupée à la torréfaction des grains de café

Une charmante grand-mère occupée à la torréfaction des grains de café

fleurs de gingembre

Cacaoyer

Cacaoyer

Tamarillos (ou tomate en arbre ou encore prune du Japon... en Afrique)

Tamarillos (ou tomate en arbre ou encore prune du Japon… en Afrique)

A la source sacrée de Tirta Empul à Tampaksiring*, sans égard pour les nuages qui s’amoncellent les dévôts font leurs ablutions, après avoir déposé leurs offrandes, sous l’oeil impavide de quelques statues.

Ablutions à Tirta Empul

Ablutions à Tirta Empul

« d’après la croyance populaire, elle fut créée par Indra quand il transperça la terre pour faire naître une source d’amerta, l’ambroisie d’immortalité, avec laquelle il revivifia son armée empoisonnée par Mayadanawa. On attribue à ces eaux des pouvoirs magiques de guérison. Après avoir laissé une offrande à la divinité de la source, les hommes et les femmes vont se baigner chacun de leur côté. » (grand guide de Bali, Gallimard)

4 réflexions sur “En scooter vers le mont Batur

    • Je viens de regarder le reportage, déstabilisant est le moins qu’on puisse dire. Bien loin des jours lumineux et sereins… une autre réalité, à ne pas occulter… Merci d’avoir fait partager
      Je vous embrasse, à bientôt

  1. Bonjour,
    Je viens de visiter votre blog avec ce très beau voyage à BALI et des photos superbes.Merci pour le partage. A mon tour je viens vous presenter mes Voeux pour 2013 et espère vous vous voir au TEICH .
    Amicalement.Josy

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