Une journée de randonnée avec Dolit

Réveil à 5 h 30, en même temps que les canards, les cochons, le coq et toute la vie du Balé, Adi (fils d’Irak et Kadek) déjà tout fiévreux hier est resté couché et tousse, Petites emplettes pour la route au warung d’à côté, tenu par la maman de Kadek.

Le Warung d'à côté, à Keliki (le petit balinais du coin autrement dit)

Le Warung d’à côté, à Keliki (le petit balinais du coin autrement dit)
Sur la photo, la petite fille est Devi, fille de Mudita et Padma (qui proposent aussi leur pavillon dans le balé voisin de Dolit), nièce de Kadêk, l’épouse d’Irak.
A coté d’elle, la jeune fille adulte est Komang Sutriari (son nom officiel complet : Gusti Ayu Nyoman Surtiari), la tante de la petite Devi et donc aussi la petite soeur de Kadêk (épouse d’Irak). (les précisions sont de Yves, je m’emmêle un peu les pinceaux, si je puis dire, dans la grande parentèle des peintres de Keliki)

thé et re thé et café sur la terrasse de la chambre d’hôte d’Irak et Kadek

thé et jus de fruit frais sur la terrasse de la chambre d'hôte d'Irak et Kadek où j'ai dormi cette nuit là

thé et jus de fruit frais sur la terrasse de la chambre d’hôte d’Irak et Kadek où j’ai dormi cette nuit là

Nous avons rendez-vous Marine, Antony et moi, chez Dolit, à l’heure balinaise, c’est à dire quand nous sommes prêts, que nous avons partagé thé et nouvelles du jour avec nos hôtes, les amis et les passagers comme moi, de ce morceau d’ailleurs toute douceur.

Dans le bale de Dolit,

Dans le bale de Dolit, c’est Lucie (écrivent-ils Lusy ?), petite soeur d’Apel (qui tient son nom du fait qu’il aimait les pommes étant bébé) et Podol. C’est la fille de Putra, le plus petit frère de Dolit et son épouse Ketut Gadung (précisions de Yves)

DSCN3203

préparation d’offrandes par Ilou, épouse de Dolit

patience et précision en offrande

patience et précision en offrande

Nous partons d’un pas tranquille à travers les rizières, jamais les mêmes, orgie de vert, un caméléon sur une branche, tant et tant de crécelles, d’épouvantails, le toc toc que le vent tambour battant, la traversée de villages, les libellules rouge intense sur le vert cru des rizières, les étages de terre et de riz, camaïeu de beige des canards cherchant pitance en piaillant, les travailleurs jamais avares d’un sourire, les enfants rieurs et curieux, un chien blanc à pompon rouge, les couleurs délicates des papillons, le pont de bambou sans garde fou et la main secourable pour traverser, la jungle apprivoisée, les artisans au travail dans l’odeur âpre et forte de la colle, la pêche aux escargots dans un bassin aux lotus, les petites filles cachées sous un parapluie arc en ciel pour faire fuir les oiseaux. fous rires. les montées et les descentes, le murmure de l’eau omniprésent, trois brins de pluie, pause à l’ombre, le warung où l’on déjeune, le rythme serein de la marche, le rire de Dolit, du vert, du vert, du vert, tant de nuances. La chaleur moite qui nous enveloppe, tous les sourires, les hello, les salamat siang, salamat sore … les enfants réclament une photo, c’est pêle mêle émerveillement et joie d’être là, palpable…

Geneviève et Antony (photo de Marine G.)

Geneviève et Antony (photo de Marine G.)

Atelier au village, matériel pour offrandes

Atelier au village, matériel pour offrandes

La traversée d'un village, le peintre Dolit au premier plan

La traversée d’un village, le peintre Dolit au premier plan

Marine et Antony à contrejour

Marine et Antony à contrejour

rencontres sur le chemin

rencontres sur le chemin

Dolit et Antony à la pêche aux escargots

Dolit et Antony à la pêche aux escargots

Hercule dans la rizière

Hercule dans la rizière

Un chien blanc à pompon rouge

Un chien blanc à pompon rouge

pont de bambou sans garde fou

pont de bambou sans garde fou

Cérémonie de la pleine lune au village de Keliki (sous le regard de Marine)

©marine grandgeorge

©marine grandgeorge

Mon appareil refuse de travailler la nuit, mais j’ai très envie de garder souvenir des beaux visages de cette cérémonie, Marine et Antony, hôtes de Dolit, prennent de superbes photos.

En voila quelques unes, qu’ils acceptent de partager, merci à eux, amis de rencontre

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

IMG_4647

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

©Marine Grandgeorge

Retour à Keliki

Le muezzin s’est-il tu ce matin ou je ne l’ai pas entendu ? Je me réveille tard (5 h 30 !) et le soleil est déjà levé. Fini les voiles roses de l’aube sur le lac, à peine d’oiseaux, mais sur le chemin les écoliers en uniforme et pieds nus, les chiens et les veaux au milieu des coqs et poules, mais l’activité du matin ou le petit café entre hommes sur le gazebo valent bien la promenade matinale…

Débarquement des marchandises à Gili Meno

Débarquement des marchandises à Gili Meno

Un dernier jus de coco blanc laiteux, rires des femmes, murmure des hommes, sollicitation d’un vendeur toute sa boutique sur la tête, les clochettes des cidomos, l’océan ne se lasse pas de sa rengaine, un ferry vient d’arriver, les passagers descendus, ce sont les marchandises qui sont débarquées, petite brise bienfaisante et chant discret des cigales, Lombok au loin dans une blanche brume de chaleur, un vendeur de bijoux, un enfant joue, un homme chante, claquettes dans le sable et saveur suave du jus de coco. Bye bye Gili Meno.

Les marchandes et leur étal près du quai d'embarquement à Gili Meno

Les marchandes et leur étal près du quai d’embarquement à Gili Meno

Trajet fast boat avec détour par Lombok. Je retrouve Laurel et Hardy que .j’ai croisés à l’aller, Quelques français avec qui j’échange trois mots. La route me semble longue de Amed à Ubud en passant par Padangbai.  Alors je m’enivre des images fuyant à travers les vitres. Les rizières, toujours, les femmes portant leurs offrandes, les truies énormes allongées sur la terre, le sel séchant dans les troncs de bambous creusés, les hommes jouant aux cartes, les petites familles en habits de cérémonie entassées sur un scooter, les cultures et la mer au loin, les volcans sous leurs auréoles de nuage. Nyoman vient me chercher en scooter à Ubud, et je suis reçue comme une princesse à Keliki avec thé, galette de riz offerts par Kadek et Irak et beignets de jaquier, doux et sucré que Raî dépose délicatement devant moi. Toute la famille autour de moi, bienvenue à la maison !

Après la récolte du riz, Irak pêche les anguilles dans la rizière du bas

Après la récolte du riz, Irak pêche les anguilles dans la rizière du bas

Irak m’emmène à la pêche à l’anguille dans les rizières du bas. Tout près. Mais escalader en tongs les talus et les hautes marches glissantes, ça n’est pas si facile quand on est urbaine ! Irak, pieds dans la boue, son éternel sourire aux lèvres, soulève des mottes et des mottes pour dénicher quelques minuscules anguilles frétillantes qu’il fera frire pour moi tout à l’heure.

Made et Sita sont aller chercher du bois pour le feu

Made et Sita sont aller chercher du bois pour le feu

Adi, le fils d'Irak et Kadek, fiévreux mais paré pour la cérémonie

Adi, le fils d’Irak et Kadek, fiévreux mais paré pour la cérémonie

Made, la petite Sita dans les bras, passe, lourdement chargée. On cueille les noix de coco pour la cérémonie qui a lieu ce soir au temple du village, célébration de la pleine lune. Raî me prête un chemisier pour aller au temple, j’ai un peu de mal à caser ma poitrine occidentale dans la dentelle balinaise. Les boutons pressions explosent à chaque respiration. Fous rires. Offrande, danse Barong, bénédictions, enfants chahuteurs, petites filles curieuses, anciens au sourire complice, en-cas acheté aux warungs ambulants et dégustation des offrandes en rentrant. La vraie vie. à Keliki.

Gili Meno (3)

La journée devant moi, les poissons m’attendent et les oiseaux chantent leur joie d’être au monde. Un bébé pleure, le gecko invisible pousse régulièrement son petit cri guttural, le coq déclame, petits coups secs de la machette hachant les échalotes, glissement furtif d’un vélo, il fait déjà chaud et l’air vibre au ralenti.

Rendez-vous avec la marée montante.  Puissance du flux et du reflux. Mélangée avec sable et coraux, dans les bras de la mer. Etre un fétu. tout de failles têtues.

marée montante à Gili Meno

marée montante à Gili Meno

Jus d’ananas à l’ombre d’un gazebo, promenade au coeur de l’île. Une petite vieille, lourdement chargée, perd régulièrement les nattes de bambou posées  dans une bassine en équilibre sur sa tête. Je la vois, à chaque fois, s’accroupir, le dos bien droit et ramasser les nattes tombées à terre. Sans un geste d’impatience. Silencieuse et gracieuse.

Les vaches se baladent, en goguette. Une audacieuse entame une mangue bien juteuse dérobée à l’étal du warung où j’achète une bouteille d’eau. Commentaires amusés échangés avec la marchande. Cocasse de la situation. Rires partagés.

DSCN3156

,Soleil couchant, rumeur des vagues, ballet incessant des rouleaux au large qui se font, se défont, couleur de menthe claire toute brodée d’écume.

Un martin pêcheur, l’odeur forte de la marée. Garder ce moment précieusement avec tous les trésors glanés au fil du temps.

DSCN3157

DSCN3160

Soleil couché, la lune presque pleine veille sur ma dernière soirée à Meno, je m’offre un cocktail (grand luxe : le pina colada à 88.000 roupies, un prix de Paris !) des cacahuètes l’accompagnent et le son de la petite clochette destinée à attirer le chaland vers les brochettes… Je ne reste pas.

Au « Jali Café » le petit guitariste est revenu chanter pour moi.

Gili Air

Dévorée par les moustiques cette nuit, ai résisté à l’appel du muezzin, dérivant entre rêve et sommeil sur mon grand lit aux voiles ramassées, avant de me lever pour acheter un billet pour le bateau public qui m’emmènera à Gili Air.

Petit déjeuner, un couple anglophone s’installe et l’un et l’autre se plonge derechef sur sa tablette. Absorbé.  Regard fasciné par l’écran, Quelques gestes sporadiques pour chasser une mouche inopportune. Étranges étrangers absents. Le silence ourlé de chant d’oiseaux pour moi seule qui l’écoute.

Sur le bateau public entre les iles Gili

Sur le bateau public entre les iles Gili

Entre Gili Meno et Gili air le bateau public coûte une poignée de roupies (20.000 exactement, moins de 2 €),

Gili Air, plus grande, plus construite, plus touristique (mais moins que Trawangan, où je ne suis pas allée) :  je m’offre un tour de l’île en cidomo (100.000 roupies  un peu plus de 8 euros),

Tour de Gili Air en cidomo

Tour de Gili Air en cidomo

Entre deux séries de warung, des petites filles jouent à la marchande avec des emballages vides. Au loin longue perche au bout des bras une ligne de pêcheurs à pieds. Sous un auvent de fortune des hommes raccomodent leur filet, quelques vaches résistantes sur les terrains encore à vendre, et le klaxon du marchand de glace sur son vélo

.

réparation des filets sur Gili Air

réparation des filets sur Gili Air

Le vélo du marchand de glace

Le vélo du marchand de glace

Je me fais déposer à la plage pour planer encore entre deux eaux, contempler d’autres coraux hantés par d’autres habitants. Dans le bar où je pose mes affaires,une maman voilée et son bébé au sein, et personne d’autre, au loin Gili Meno comme un trait  sur la mer,

Fou rire sur le bateau du retour avec une petite vieille. Le grand jeu du coucher de soleil sur Gili Meno, le trafic intense des bateaux au loin.

Coucher de Soleil, vue de Gili Meno

Coucher de Soleil, vue de Gili Meno

A Gili Meno je dine au « Jali Café » le mie goreng est le moins cher, et il est très bon. La patronne me confie qu’elle est heureuse aujourd’hui car elle a du monde (c’est à dire, qu’en dehors de moi, il y a un couple installé .. les quelques touristes de l’île sont concentrés dans le plus grand warung, le  plus éclairé, avec sono et barbecue géant chaque soir, j’y ai dîné une fois mais je préfère ce modeste warung là, désert)

Abi, le neveu du propriétaire s’ennuie un peu, il vient parler avec moi, me raconte qu’il vit la plupart du temps en Australie mais qu’il aide son oncle quand il vient à Meno.

BTN me dit-il … « better than nothing » (mieux que rien), évoque la Bambou House qu’il a fait construire pour la louer. Dans ses rêves, car je n’ai vu qu’une cabane fatiguée à l’emplacement qu’il m’a indiqué. Il  joue de la guitare et chante des chansons à mi-voix, rien que pour moi. « Jali café », Joli moment.

Gili Meno (2)

Le muezzin encore et encore m’a sortie du lit à 4 h 40, mais c’est bonheur que de regarder la lumière renaître, Lombok se draper de rose orangé, écouter le silence rebrodé du murmure des vagues et puis traverser le village qui se réveille.

Chacun balaie devant sa porte (dommage que cela n’aille pas au-delà). Un jeune homme assis sur le seuil de sa maison, un minuscule miroir rond à la main, se rase. Un bébé hurle fesses à l’air sous le robinet d’eau froide.

Je vais vers le lac, en partie asséché, où se retrouvent hérons et grues, frêles silhouettes au bec acéré posées en équilibre sur les reflets roses du lac.

Envol des Hérons sur le lac de Gili Meno

Envol des Hérons sur le lac de Gili Meno

La matinée se déploie lente et traversée de la rumeur lancinante du prêche du vendredi. A peine les oiseaux, une poule fière d’avoir pondu son oeuf, les claquettes sur le sable, le passage aérien d’un papillon, les murmures des deux couples de touristes attablés à côté (pas un sourire, pas un hello…. un jus d’orange au goût chimique : j’aurais dû me méfier, pas les imiter…)

(photo empruntée à la toile … )

Tête à tête avec les poissons, coraux colorés, la mer me porte et me sussure des secrets, chaleur, sieste dans la torpeur, les poissons encore et la carcasse d’un bateau, toute rebrodée de coraux bleu vif, orangé, rose, violet brodé de blanc, volute et rondeurs, mille tentacules., De temps un temps un poisson bien plus grand passe très affairé, lumière de fin d’après midi et la mer toujours recommencée.

Les vendeuses de fruits, panier sur la tête, arpentent la plage sans illusion, inlassables.

Vue sur Lombok, de la plage à Gili Meno

Vue sur Lombok, de la plage à Gili Meno

Le regard plongé dans l’océan. Toutes les nuances de bleu, vert, turquoise au violet profond.

Se défaire du sel sous la douche froide et le ciel pâle, sur la terrasse regarder les passants, à pieds ou sur de drôles de petites bicyclettes, à la même échelle que les chevaux tirant les cidomos..

Gazebo pour diner sous la lune, à Gili Meno

Gazebo pour diner sous la lune, à Gili Meno

Dîner au bord des dentelles de l’océan, avec sérénade pour moi seule.

Gili Meno

Les étoiles au-dessus de moi si brillantes dans la nuit, un silence parfait berce mon sommeil jusqu’à l’appel du muezzin à 4 h 48 et je me lève, pour saluer le jour naissant.

Seule, regarder la nuit se dissiper, les montagnes de Lombok troquer le bleu nuit contre le gris bleuté et face à moi toutes les nuances de parme, de rose, d’orangé se déployer peu à peu.

Lever de soleil sur les monts de Lombok, vue de la plage de Gili Meno

Lever de soleil sur les monts de Lombok, vue de la plage de Gili Meno

Le jour à peine levé, arpenter (une heure et demie de marche) l’île  où les resorts en décomposition côtoient ceux qui se construisent pour les investisseurs, le tout sur du sable parsemé de détritus, paradis en voie de disparition …

futur "Sam suffit" au soleil

futur « Sam suffit » au soleil

"resort" sans ressort à Gili Meno

« resort » sans ressort à Gili Meno

let's go "by bout" avec Komodo

let’s go « by bout » avec Komodo

Réservé une matinée de snorkeling* en bateau à fond verre avec Sylvie et Isabelle, deux bretonnes (en fait j’ai réservé seule mais le cap’tain du bateau nous a associées !)

ô nager au-dessus du gouffre, d’une épave, au loin les tortues, les coraux palpitant de mille vies, nous suivons le jeune homme – fils de sirène – qui plonge en apnée et me ramène un superbe coquillage qu’il a détaché de son rocher.

Sorti de sa coquille dure c’est velours frémissant et tiède, dont je suis bien embarrassée et que je rends à son élément très rapidement…

* 150.000 roupies/pers (environ 12 €) la matinée mais nous avons un bateau et un plongeur pour 3 

Gili Meno vue du bateau

Gili Meno vue du bateau

Le gilet de sauvetage n'est pas de trop pour suivre le fils d'une sirène à la découverte des fonds marins (vertige !)

Le gilet de sauvetage n’est pas de trop pour suivre le fils d’une sirène à la découverte des fonds marins (vertige !)

Il déloge encore avec son trident un superbe poulpe qui crache toute l’encre noire de son désespoir, nous désigne un crabe géant, un serpent de mer, l’abîme sous nos palmes, infatigable …

Épuisée, pas facile de remonter sur le bateau, ça glisse et ça tangue, l’échelle se balance,

Déjeuner à l'ombre d'un gazebo à Gili Meno

Déjeuner à l’ombre d’un gazebo à Gili Meno

Déjeuner au bord de l’eau, snorkeling encore et encore, avant de finir par un massage qui fait gommage puisque je suis allongée sur le sable … Petite douche dans le vent, je n’ai pas le courage d’aller voir le soleil se coucher de l’autre côté de l’île, d’ailleurs il est caché par les nuages tout pommelé de gris.

Fin du jour, sur la plage à Gili Meno

Fin du jour, sur la plage à Gili Meno

La boucle du jour est bouclée, mêmes montagnes au loin, même refrain de la mer, mais douceur du soir qui emmène le repos avec lui et la nuit noire piquée de diamants.

de Amed à Gili Meno

Sur la terrasse du bungalow à 6 heures à peine passées  le soleil sature déjà l’atmosphère. Un pick up plein d’écolières en uniforme passe, Daimon arrose le jardin, c’est l’heure du petit déjeuner des martinets, je reviens de la plage où j’ai regardé le soleil s’extraire d’un voile de longs nuages gris d’acier, sous lequel semble couver un foyer de braises,

vue de la plage en face de Sinar Bali 2, le lever du soleil

vue de la plage en face de Sinar Bali 2, le lever du soleil

Très tôt le matin c’est l’heure ou des bancs de minuscules poissons argentés jouent à saute mouton sur la mer, gobés au passage par quelques plus gros qu’eux les suivant de près, l’heure où le petit chien noir et son copain le petit chien blanc batifolent sur la plage.

La vachette s’est défaite de son joug et approche prudemment de moi, étonnée de ma présence matinale, un couple de martin pêcheurs se perche sur l’arbre à mes côtés, des compagnies de minuscules oiseaux s’empressent en piaillant avant que la chaleur ne les poussent à se mettre à l’abri.

Un ronronnement venu de loin  s’amplifie puis cesse brusquement, les prahus reviennent de la pêche.

Les porteuses de bagages sur la plage de Jemeluk

Les porteuses de bagages sur la plage de Jemeluk

Le taxi est à l’heure pour m’emmener à Jemeluk, d’où part le speed boat* pour les Gilis, J’ai choisi de m’arrêter à Gili Meno, la plus petite des 3 îles qui font face à Lombok.

*voir page pratique budget

la côte, du côté d’Amed, vue du large

Gili Meno, le temps ralentit encore, pas de voiture : des cidomos, carrioles tirées par des petits chevaux au pas vif. Le tintement des clochettes et le claquement des sabots étouffé par le sable du chemin sont les seuls témoins de leur passage. Un cocher perché à croupetons sur un côté et la carriole transporte dans un joyeux tintinabulement, un inventaire à la Prévert : marchandises, bonbonnes d’eau, matériaux et petite vieille recroquevillée dans un coin.

Le chat et sa proie, un gecko

Le chat et sa proie, un gecko

Si le cri du gecko fait partie du paysage sonore, je n’en ai vu qu’un seul, qui a mal fini, entre les pattes d’un maigre chat sur l’île de Gili Meno…

Jus de fruit zen les pieds dans l'eau

Jus de fruit zen les pieds dans l’eau

Cela commence comme un grincement agaçant de moustiques, puis prend de l’ampleur, c’est l’appel à la prière sur cette minuscule île musulmane.

Le vent remue la mer et le sable trouble l’eau, mais tandis que je me noie dans la contemplation de mes petits poissons, je sens une ombre silencieuse à mes côtés : une tortue majestueuse de lenteur et d’indifférence nage à portée de main; Ma présence ne la trouble pas, moi qui suis troublée par cette rencontre.

 photo de Tortue empruntée à la toile (je n’ai pas de photos sous marines, rien que des belles images plein les mirettes)

Je reste longtemps, au bord des couleurs mouvantes de la mer, rêvant et contemplant les jeux des enfants, les capitaines et leurs bateaux, les vendeuses de fruits, les vendeurs de perles (un peu collants) les monts de Lombok se voilant, se dévoilant dans les bras du vent. Le jour très vite s’en va, les roses du crépuscule sont de l’autre côté de l’île mais le chemin que j’emprunte se perd dans le petit village des gens d’ici, où les coqs et poules haut sur pattes cherchent pitance au milieu des déchets, où il se trouve toujours quelqu’un pour me demander comment je vais, et d’où je viens, où toute une famille de chats blancs et roux s’entraîne à chasser, où des petits enfants jouent au ballon, vont à bicyclette par deux, distribuant des hello tout sourire à l’étrangère que je suis.

Jeux d'eau à Gili Meno

Jeux d’eau à Gili Meno

Les marchandes de fruit, sur la plage, à Gili Meno

Les marchandes de fruit, sur la plage

Ambiance douce, et douche dehors, avant d’aller dîner juste à côté, 2 couples silencieux, chacun happé par son smartphone partagent avec moi la petite salle à manger de bambous en plein air.

La douche en plein air, super sous les étoiles, un peu brûlante l'après midi sous le soleil

La douche en plein air, super sous les étoiles, un peu brûlante l’après midi sous le soleil