de Buenos Aires à Puerto Piramides

Un petit vent frais sur le matin, grincement d’une scie et valises dans tous les coins,  c’est Q Bus,  Via Bariloche, qui nous emmène à Puerto Madryn du terminal de Retiro. Départ à l’heure et embouteillages, traversée de bidonvilles, le côté sombre de la Boca s’étend bien au-delà des jolies maisons bariolées pour carte postale et touristes, nous surplombons ces étendues de misère entre deux étendues d’herbe et d’eau, pleines d’oiseaux, de fleurs et de chevaux, cohabitant avec les monceaux de sacs plastiques portés partout par le vent.

des kilomètres sans aspérités

des kilomètres sans aspérités

Un arrêt sur le bord du chemin pour les emplettes du chauffeur, dépassés par une carriole à cheval, un enfant danse en souriant dans la remorque, une petite fille repeint de gris sa robe rose au pied de la baraque vendant des « minutas », « protège-nous gauchito Gil » comme une incantation sur les autels repeints de rouge, fleurs et fanions et la poussière et les camions. La nuit ballotée,  le matin après longue traversée du paysage aride battu par les vents arrivée à Puerto Madryn, dont le charme principal est d’être la ville la plus proche de la Péninsule Valdès !

Vent poussiéreux, mer turquoise, je traverse la rue pour prendre une photo et m’entendre dire… que Dieu m’aime et me bénit… accessoirement.

Un taxi nous emmène à Punta Loma, dans des gerbes de poussière qui transforment les pauvres cyclistes pédalant là en « milanaise » . Les lions de mer se prélassent, se dandinent comiquement, au-dessus les cormorans nidifient, drôles de notes blanches et noires à portée de regard.

Pas de collectivo en fin d’après midi le week-end pour la Péninsule Valdès, un autre taxi nous emmène à Puerto Piramides où nous avons réservé deux nuits, guanacos et grand vent, moutons grassouillets et végétation maigre jusqu’au minuscule village au cœur d’une crique, le silence et la mer, les grands oiseaux, les lumières du couchant, nous sommes bien, enveloppées de nature et d’air vif.

La plage de Puerto Pyramides

La plage de Puerto Piramides

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Petits détails pratiques, budget

Aller simple en cama Retiro (Brs Ars)/ Puerto Madryn avec Q bus, Via Bariloche : 610 pesos

Toutes les excursions sont organisées au départ de Puerto Madryn

Taxi Puerto Madryn / Punta Loma : 200 pesos/par personne

Taxi Puerto Madryn / Puerto Piramides 420 à 850 pesos

Excursion une journée Péninsule Valdès au départ de Puerto Madryn : 420 pesos / personne (possibilité de se faire déposer à Puerto Piramides ce qui économise un trajet)

Avistaje de Ballenas 420 pesos /par  personne, les hôtels proposent en général une réduction de 10 % sur les excursions

Les bungalows de "la Posta"

Les bungalows de « la Posta »

Bungalows la Posta à Puerto Piramides : 370 pesos/4 personnes, bon rapport qualité prix.  Le soir venu Puerto Piramides déserté par les touristes est tout sérénité. Nous avons adoré.

Buenos Aires (5)

Photos ratées, photos souvenir, petites madeleines de la mémoire

Des élections le dimanche, alors kermesse : des fanfares et des fanions, des bonimenteurs et des supporters…

Carnaval pour candidats, rue Florida

Carnaval pour candidats, rue Florida

Matinée nonchalante, grands coups de vent, le ciel oscille entre gris et bleu, et mon âme aussi

La poésie au coin de la rue à San Telmo

La poésie au coin de la rue à San Telmo

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Musée d’Art Moderne, avenida San Juan, des couleurs, des miroirs, les années psychédéliques et puis cette pièce, chambre noire où l’on pénètre égaré, sans repère, les yeux plongés dans l’obscurité, peu à peu les spots posés à terre éclairent doucement, comme un lever ou un coucher de soleil, ou notre fugitif passage sur cette terre et je reste là, silencieuse et absorbée par les lumières diffuses et changeantes.

Galeria del Viejo Hotel à San Telmo

Galeria del Viejo Hotel à San Telmo

San Telmo, lumière absente mais belles bâtisses décrépies, passages secrets, une glace au dulce de leche et brownie et sabayon à se damner

Cours de tango à "La Catedral"

Cours de tango à « La Catedral »

La ville plongée dans le noir, « La Catedral » entrée comme une bouche géante, des escaliers métalliques et un taulier à l’entrée nous donne pour 40 pesos le petit ticket rose, sésame du cours de danse, immense salle dans la pénombre des bougies, un cercle d’ampoules multicolore au milieu, un immense comptoir de bois, une piste et tout autour des tables et des chaises en fin de parcours, dépareillées, déglinguées… Un homme au beau visage usé de douceur, catogan de cheveux gris et sa compagne menue, la trentaine, un visage prognathe mais illuminé de l’intérieur, sont nos professeurs. Former un cercle sous le cercle de lumière, bras dessus bras dessous, petits pas balancés dans un sens, dans l’autre, équilibre, déséquilibre, ils nous parlent de la musique et de l’improvisation, les yeux fermés se laisser guider, forces opposées et lâcher prise, je m’emmêle ardemment les pinceaux, rires et délices de la piste. Et puis place à la milonga, ceux qui savent et dansent chaloupés, que je regarde fascinée en sirotant le vin qui me donnera mal à la tête demain…

Le lendemain longue, longue marche dans Buenos Aires ensoleillée et ventée, pause empanada et déjeuner feutré à l’Ateneo sous la machinerie d’un ancien théâtre, transformé en librairie/ restaurant vue sur les livres et la somptueuse fresque du plafond

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« La Catedral » Sarmiento 4006, Buenos Aires  : cours de tango à  40 pesos (1 h 1/2) ; 1 bouteille de vin 50 pesos, 1 pizza 25 pesos

« El Cuartito » Talcahuano 900, les meilleures empanadas de Brs Ars  : 10 pesos

« El Ateneo » Café librairie, Avenue Santa Fé 1860, menu du jour avec boisson + café : de 65 à 80 pesos

Puerto Iguazu

Creux du voyage, grosse fatigue, il fait très lourd, la chaleur colle au corps et au cœur.  Fait brièvement connaissance avec mes compagnes de chambre, deux jeunes femmes, colombienne et portugaise et une japonaise de mon âge, encombrée de bagages,  tout ses  cosmétiques, ses petites mixtures magiques dans des sachets colorés.  Elle me demande dans un drôle de mélange de langues si cela ne me dérange pas de voyager seule et avoue qu’elle-même est effrayée, la solitude en voyage n’est pas japonaise ! mais elle ose quand même – pendant 3 mois tout de même – Alors elle partage ses journées, au gré des rencontres, avec ses autres compagnes de chambrée.

Réveillée tôt, pris le premier bus pour les cataractes, le premier train pour la gorge du diable (irrésistiblement attirant ce gouffre bouillonnant), admiré les jote negra chahuter dans les chutes,

La gorge du Diable

La gorge du Diable

Posée sur un banc, pour grignoter, cela n’a pas échappé à ce bel effronté gourmand, prêt à partager…

Effronté

Effronté

Arpenté le circuit du bas, le circuit du haut, rêveuse, plus intime la compagnie des cataractes que du côté brésilien, la forêt plus présente, cette vie qui grouille cachée danses le feuillages de mille nuances de vert du sentier Macuco. Retournée au parc de nuit, sous la lumière de la pleine lune, la nuit claire en lavis de noir et gris m’émerveille,  les bruits de la forêt ont changé et plus impressionnantes encore la gorge du diable toujours grondantes

Argentine octobre novembre 2013 755

Un refuge pour animaux blessés ou soustrait au trafic, a installé ses abris dans la forêt, à Guira Oga, une charrette tirée par un tracteur m’emmène, avec un autre égaré, à la rencontre de chacun des pensionnaires, avec une guide passionnée. A la rencontre aussi, des « monos » en liberté venus rendre visite à leurs congénères convalescents…

Dans ce refuge, on sent le manque de moyen mais aussi beaucoup d’amour pour l’histoire de chacun, blessé par la vie ou les hommes, le désir de rééduquer à la vie sauvage ces animaux perdus. Et c’est ce qui importe, plus que les grillages incongrus dans la forêt, protection plus qu’enfermement, ici.

Arepuca, des troncs centenaires, voire millénaires,  en fin de vie aussi récupérés, pour ériger une réplique géante d’une construction traditionnelle guarani, quelques boutiques d’artisanat, une glace yerba mate / ruella (fleur sauvage des parages) en écoutant gronder l’orage et la pluie tomber drue.

Avant la Tempête

Avant la TempêteArgentine octobre novembre 2013 771

*et puis le vent devient plus violent,  tout s’envole et les branches tombent, la terre semble saigner de toutes ses veines et je me réfugie dans la petite chapelle de bois, à l’abri des foudres du ciel, me décide à partir dans un semblant d’accalmie, repeinte en rouge par les voitures et camions passant à mes côtés dans de grandes gerbes rouges briques.

Encore le terminal des autobus, grincement de la musique, ronronnement des moteurs, les petites mains qui nettoient le rouge sang de la boue, les voyageurs en partance, ceux hagards à l’arrivée, un chien garde le tout un oeil à demi fermé.

Dans le bus les mamans et leur bébé au sein, cabanes misérables sur les bords de la route, des enfants pieds nus dans la boue tendent la main, cicatrices de la forêt éventrée, un toucan s’envole et se pose à portée de regard comme un cadeau.

Et la vie que l’on vit dépend beaucoup du regard que l’on porte sur elle, du désir que l’on a de la faire belle. J’apprends cela aussi en voyageant. Le quotidien est ce qui nous appartient le plus souvent, à nous d’y mettre de la magie, de l’amour et du sens.

Argentine octobre novembre 2013 785

Pause ravitaillement dans un hangar, du côté de Posadas les supermarchés s’appellent « libertad » et puis glisser dans la profondeur de la nuit, photos ratées, photos souvenirs, au petit matin dans la monotonie verte de la pampa parfois l’éclat de l’eau, des oiseaux blancs dedans.

Argentine octobre novembre 2013 789

Le côté coloré du bidonville adossé au terminal de Retiro (pas eu le coeur à dérober l’image des briques crues, de l’entassement des déchets, des ouvertures béantes des constructions inachevées juste à côté)

Arrivée à Retiro (Buenos Aires)

Arrivée à Retiro (Buenos Aires)

de Mercedes (Corrientes) à Iguazu

Long trajet en bus, de Mercedes à Corrientes, puis de Corrientes à Iguazu. Voyage de nuit, en cama, avec la compagnie Rio Uruguay, à côté d’un chercheur d’or jovial et content de son sort, fier de sa fille (dont il me montre la photo en tenue de carnaval : superbe créature !), de sa moto et des monstrueuses machines qui extraient de la terre de San Juan de Los Andes les pépites qui lui feront gagner des sous, et puis de sa femme aussi… On ne dîne pas si mal et le vin est bon, on trinque même au champagne en riant de ces drôles de rencontre… On échange nos places,  il quitte le bus bien avant moi, c’est son retour en week-end dans sa famille avant de reprendre une longue semaine de travail.

A 5 h du matin une jeune fille me secoue doucement, elle doit  envoyer un message à sa maman, et c’est de mon portable dont elle a besoin. Mission que de taper un texto en espagnol dans le noir… finie ma nuit écourtée…

Arrivée un peu en retard à Puerto Iguazu, le temps de déposer mon sac, de prendre un café con leche et un billet d’autocar pour les chutes côté Brésil, je repars sans me poser, un brin épuisée mais heureuse. Dans le bus trans frontière, les premiers petits français rencontrés (mais étudiant pour 6 mois en Uruguay !) depuis mon arrivée !

Noelia Hostel à Iguazu

Noelia Hostel à Iguazu

Un long serpent de touristes pour prendre les billets à l’entrée du parc et un autocar nous emmène vers le panorama grandiose – eh oui, il y a des clichés inévitables – des chutes. Puissance de l’eau, vocifération des tourbillons, vertige devant l’immensité du site,  mais un fouillis de touristes, les coatis voleurs, la foule qui me pousse et m’emporte nuit un peu à la magie du lieu. ..

Fascinant spectacle, pourtant. Arcs en ciel, brume d’eau, le grand bleu du ciel sur le vert intense de la forêt, la terre rouge brique, un envol de papillons jaune vif, des  papillons géants bleu indigo, des singes se balancent nonchalamment de branche en branche et cette eau bouillonnante qui surgit de partout et se précipite en furie des dizaines de mètres plus bas, traversée par le vol des Jote Negra voltigeurs et charognards tout à la fois.

Il y a encore le « parque de los aves » oiseaux rares bigarrés, posés là dans un décor familier bien qu’un brin grillagé. Papillons et colibris, toucans, serpents et yacaré leur tiennent compagnie.

Retour à Noelia, sur la terrasse, le temps de recharger mes batteries et celles de mes accessoires, je me pose, le chant des oiseaux, le grincement d’une musique en bas, les voix aigrelettes des enfants, un moteur pétaradant et le ronronnement de quelques appareils domestiques…

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La compagnie Crucero del Norte fait la navette entre le terminal de Puerto Iguazu et l’entrée des chutes côté Brésil : 60 pesos A/R (ne pas oublier son passeport !)

Entrée des Cataractes côté Brésil : 222 pesos argentins (il vaut mieux avoir des réals, on peut aussi payer en euros, il faut avoir des petites coupures

Parque de los Aves : 110 pesos

Pension Noelia à Puerto Iguazu, proche du terminal des autobus une nuit en dortoir (3 lits superposés et une salle de douche/WC, ventilo) avec un petit déjeuner sympa (des fruits frais !) 60 pesos

Reserva Esteros del Ibera

Une passerelle étroite au-dessus du marais, suspendue entre vert et bleu, mène à l’embarcadère de la Posada Ypa Sapukai, où je suis la seule hôte, avec les oiseaux et les chevaux de passage…

L'embarcadère de la Posada Ypa Sapukai

L’embarcadère de la Posada Ypa Sapukai

L’air est saturé d’humidité brûlante, la lumière éblouissante.

Tour de lancha avec Emilio, sa femme et sa petite fille, nous sirotons de conserve le maté, en contemplant les eaux briller, les oiseaux s’affoler et s’envoler,  les capybaras brouter et nager, des passagers clandestins sur leur dos, quantité de caïmans (yacaré en langue Guarani), plus rare le cerf des marais, fascination  de percevoir la vie singulière sur ces îles flottantes, pan de forêts égarés, marais dérivant dans un silence bruissant.

Argentine octobre novembre 2013 563

Arpenté le sable qui enserre les cuadras en VTT sous le cagnard,  les yeux écarquillés.  Dans le jardin de la Posada, les chevaux en maraude ne s’embarrassent pas de la présence de la Madone.   Emerveillée, je me balance dans un hamac, toute environnée du discours des oiseaux,  enchantement du temps suspendu.

Le repas d’un bel oiseau, un peu encombré d’un poisson surdimensionné pour son gosier,  pré mâché, avalé, le volume de son cou doublé de façon cocasse

Deux caïmans comatent avant de s’écharper dans des gerbes de boue noire, fascinant de voir la force qu’ils déploient avant de retomber dans une inertie de surface.

Autre excursion en lancha, de loin les cerfs des marais, la cigogne porte bébé, ici comme ailleurs, bébé yacaré et énormes capybaras dévorant, et encore, balade nocturne. Mais les noctambules ne se foulent pas, juste des vigognes et des lucioles, des crapauds qui donnent de la voix et la belle lumière de la pleine lune sur le chemin, mais pas de tatous, ni de cerfs nains, ni de félins, pas plus de hibou, juste ce silence sombre parsemé d’étincelles et c’est déjà délicieux.

Claudia, mon hôte, m’offre pour me consoler de l’absence de vie nocturne un Fernet Branca que je sirote en écoutant les chansons argentines que les grenouilles appuient en contre chant.

Argentine octobre novembre 2013 555

Dernier matin levée à six heures pour saluer les oiseaux baratineurs, un tour en bicyclette pour refaire « el sendero de los monos » (le sentier des singes) bien cachés cette fois-ci

Retour à la case départ, gare des autobus, en compagnie des gauchos, grand chapeau, large  ceinture cloutée et un petit foulard noué autour du cou, de mamans encombrées de bébés, de paquets, d’écoliers en uniforme … la touriste que je suis

Rafa, copain de Claudia m’y a emmené avec son 4/4 bien plus rapide et confortable que le collectivo mais nettement plus onéreux (800 pesos).  Il s’arrête en chemin pour me désigner iguanes, cerf des marais, nandous et les oiseaux évidemment.

de Buenos Aires à la Reserva Esteros del Ibera (Corrientes)

Terminal de Retiro, toutes les compagnies, les destinations qui font rêver, l’interminable ballet des autobus, des mendiants, passants et voyageurs dans un grand fouillis bruyant. J’attends l’heure du départ, l’autocar Flecha Bus arrive et repart, sans presque s’arrêter, pour traverser la  nuit,  il fait frisquet sous la clim, envie de dormir et le sommeil ne veut pas de moi. Petit matin avec vue sur la pampa, bétail clairsemé, un gaucho au galop, un portail isolé mais  nulle bâtisse à perte de vue, quelques bouquet de fleurs d’un jaune délicat et pimpant, des arbustes cotonneux, l’envol de quelques beaux oiseaux et l’horizon si loin…

Architecture vanille fraise à Mercedes

Architecture vanille fraise à Mercedes

Seule touriste débarquée à Mercédès,  je ne peux pas partager la course  facturée 100 US  dollars par « el senor Manzon » alors longue attente pour le collectivo  à 30 pesos et 3 h et demie de cahots sur la piste.

Un cafe con lecce au buffet de la gare, où je peux déposer mon bagage pour arpenter le nez au vent Mercédès mignonne ville basse et colorée, une petite musique sur le brouhaha de la rue,  gauchos isolés  sous  leur grand chapeau ou leur béret  et toujours les chiens indolents qui partagent un bout de chemin.

Pas de poussettes pour les bébés, promenés dans les bras.  Sortie de l’école en uniforme, blouse blanche sur bleu marine et la cravate.

Antiquités au terminal des autobus

Antiquités au terminal des autobus

Le terminal de Mercédès est bien modeste, passage d’autocars  à bout de souffle, entre deux longs courriers, bien léchés.  Le chauffeur d’une de ses antiquités la  démarre à la manivelle,  ferme le capot avec un lien de fortune, avant d’embarquer ses passagers encombrés de paquets et voir l’ensemble avancer dans un nuage de poussière tient du prodige.

Uniforme et ressorts en attente de chauffeur

Uniforme et ressorts en attente de chauffeur

C’est un bus rafistolé de partout qui dessert la réserve, le chauffeur remplit d’eau un réservoir qui s’empresse de couler par en-dessous, enfile une chemise jaune vif avec des épaulettes marine et or,  s’installe sur un siège monté sur ressort tellement la piste est chaotique et pose la sacoche en cuir, où est niché l’indispensable maté, à ses côtés.  Il y a les colis sans maître et pas grand monde pour partager le trajet… Je m’émerveille de voir mes premiers nandous par la fenêtre.

Circulez, il n'y a rien à voir

Circulez, il n’y a rien à voir

Arrêt près d’un kiosko au milieu de nulle part, pipi du chauffeur sur le bord de la route avant de reprendre la piste poussiéreuse, où nous regardent passer sans s’émouvoir cerfs des marais et familles nombreuses de Capybaras.

Le capybara et son copain l'oiseau

Le capybara et son copain l’oiseau

Un pont de bois cliquetant sous les roues nous amène au minuscule village d’Esteros del Ibera blotti entre ciel et eau, les îles flottantes et les oiseaux.

L'arrivée dans la Réserve

L’arrivée dans la Réserve

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Détails pratiques / budget

Deux compagnies desservent Mercédès  (Corrientes) la petite ville la plus proche de la réserve Esteros del Ibera,

Flecha bus quitte la gare de Retiro vers 21 h et arrive à 6 h du matin (310 pesos l’aller simple)

pour rejoindre la réserve (120 km de piste) le trajet en 4×4 coûte 800 pesos, celui en « collectivo » 30 peso… mais il y a un seul départ à midi et demi.

pour quitter la réserve le collectivo part à 4 h du matin ! (en fait ce bus est destiné aux habitants qui partent tôt faire leurs emplettes en ville et rentre en début d’après midi…)

pension complète / 3 excursions à la posada Ypa Sapukai (5 chambres au milieu d’un joli jardin)  2 nuits et 3 jours pour 1800 pesos

On peut trouver des « hospedajes » des « comedor » et des excursions organisées de façon indépendante, sur place, à des prix inférieurs (environ 150 pesos la nuit, entre 80 et 150 pesos l ‘excursion) renseignements à l’entrée du village, au minuscule office de tourisme.

Buenos Aires (4)

6 heures du matin des lambeaux de ciel rose par la fenêtre, E s’en va travailler courageusement, promenade rêveuse  le long des docks réhabilités. Se sont refait une beauté sous la garde des grues monumentales arrêtées là.

Regard du Puente de la Mujer sur les docks

Regard du Puente de la Mujer sur les docks

14 octobre jour férié et ville pavoisée, c’est mon anniversaire, il n’en fallait pas tant ! On se retrouve Plaza de Mayo, puis à Retiro, terminal des autobus, billets pour le nord, billets pour le sud, le bidonville à côté, coincé adossé aux immeubles de luxe. Contraste toujours.

Les géants de Florida

Les géants de Florida

Changer l’argent dans l’arrière boutique d’un « locutorio » sur Florida, un petit air de prohibition, attraper au vol le bus n° 4 qui nous emmène à la réserve écologique, où sur un ancien dépôt d’ordures la nature reprend ses droits  le long du Rio de la Plata, où nous marchons longtemps, et les oiseaux sont là, de toutes espèces et de toutes tailles, et les enfants en blouse blanche autant piaillant, l’escapade des aveugles en rang par 4,  c’est la journée des cannes blanches !

Dans la réserve écologique

Dans la réserve écologique

Sieste sous les palmiers d’un jardin de Palermo à regarder les perruches vertes, les drôles d’oiseaux aller venir, dans la rumeur d’un jour férié très animé, des stands de spécialités d’Amérique du Sud sont installés, entre lesquels s’agitent joggeurs, rollers, marie-louise et famille à maté et fernet branca, tout déballé, coloré, bruyant. Au milieu de ce drôle de bazar, des canards, blancs dodus par dizaine.

Lundi et jour férié, un challenge pour trouver le restaurant où festoyer  à San Telmo, ce sera un repaire d’amateurs de football, maillots et ballons du sol au plafond et un délire de viande goûteuse et tendre dans l’assiette, accompagné de vin soyeux, retour dans la nuit douce.

La Brigada à San Telmo

La Brigada à San Telmo

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du côté du Budget

Aller/retour en bus Cama Retiro/Puerto Madryn 1224 pesos

Aller simple en bus Cama  Retiro /Mercedes Corrientes : 310 pesos

Les billets de bus sont moins chers achetés au terminal des autobus, et en espèces (facilement 15 % de réduction)

2 parts de pizza, 1 eau, 1 bière, avec Faîna (galette au goût incertain, que les argentins mangent avec la pizza) : 52 pesos

Recharge Movistar (téléphone) 30 pesos

Bon repas de viande au resto « La Brigada »  pour 3 : 400 pesos

Buenos Aires (3)

Partie en métro pour la Recoleta, les stations changent judicieusement de nom selon les lignes, mais il suffit d’avoir le sésame pour aller où l’on veut. Dans le wagon, deux petites filles dont la plus jeune n’a pas 4 ans, et va pieds nus, sous la surveillance de sa grande soeur, déposant les petites images qui lui rapporteront de l’argent, ou un non apitoyé des voyageurs fatigués.

Ciel bleu pommelé de blanc sur le quartier,   un petit parfum d »avant.  Et sur le vieux  combi Wolkswagen « Amor » encore…

Comme un retour en arrière

Comme un retour en arrière

Le but de la visite évidemment, c’est le cimetière, et la modeste tombe d’Evita devant laquelle je passe une première fois sans la voir…

Marche arrière à la suite de touristes prévoyants, munis d’un plan.

Elle repose là, dans une allée étroite, plus modeste et discrète que les anges et les soldats montant la garde pour l’éternité,

E. dans la cuisine de la rue Peru

E. dans la cuisine de la rue Peru

Retour rue Peru. Déjeuner préparé par T. petit pain rond empli de viande et légumes en sauce, un régal. Tentative d’aller revoir Pablo et Sonia à la Boca, mais le bus que l’on hèle ne s’arrête pas. Les chauffeurs sont comme ça… pas forcément d’humeur à s’arrêter, ou s’arrêtant et il faut grimper au vol, gare aux rêveurs !

C’est dimanche et c’est feria à San Telmo, les tambours entêtants nous poursuivent dans une marche piétinée hallucinée, précédés de danseurs en transe, grand déballage et petits marchands, des délices fait maison dans un grand cabas, un chariot à provision, sur une table pliante, venus du Venezuela, de Colombie ou bien d’ici, la débrouille en marche sur les pavés disjoints, entre les belles maisons épuisées, dans la douceur du printemps, la foule déambule au milieu des marchands, on boit un verre pour un concert, on déguste une glace en contemplant encore la milonga plaza Dorrego.

Couples improbables, une minuscule petite vieille, aérienne, danse avec grâce au bras d’un indien dont ma voisine me dit d’un air entendu qu’il s’agit de son mari. Il est bien plus jeune qu’elle et la fait tanguer avec amour.

O regarder les jeux de jambes, jeunes gens gracieux et vieux messieurs, belles dames et filles en fleurs, tous concentrés et ravis par la musique qui les entraîne.

Un thé rouge plus tard, réintégré ma petite cellule ce soir…

Le charme des petites passages dans « Defensa » à San Telmo

Musique pour tout le monde

Musiciens a la feria de San Telmo

Musiciens a la feria de San Telmo

Peace and Love au crochet pour les autres…

Love et crochet kitsch a la feria de San Telmo

Love et crochet kitsch a la feria de San Telmo