Juan Lacaze (Uruguay)

Toute la famille m’accompagne au terminal des autobus, où m’attends celui qui m’emmènera à Juan Lacaze.  Sur la route le paysage pourrait être celui d’une campagne d’Europe, mais les arbres verts sont d’une autre espèce, une maison de couleur vive est posée dans le décor, mais les oiseaux ont d’autres couleurs, un chant différent, les fleurs rouges ne sont pas des coquelicots et ce sont les « paradas » où le bus recrache et avale ses voyageurs.

Mitchell, mon hôte de la nuit, vient à ma rencontre, comme un ami, lui aussi et nous cuisinons ensemble, midi et soir, avec l’aide d’Ayelen, son adorable fille dont les poupées veilleront sur mes rêves cette nuit.

Et l’on parle de la vie, de nos vies, de la mort aussi puisqu’en une année Mitchell a perdu son père de maladie, un de ses frère s’est suicidé, puis sa mère de trop de chagrin. D’une famille de 5 ne sont restés que 2, plus unis que jamais. Si conscient désormais des instants précieux et fugitifs  dont cultiver la beauté ! Ne conserver que l’essentiel.

Visite dans la pampa chez Juan Daniel, son cousin, 32 ans désoeuvré, un peu perdu dans cette maison toute entière taguée. Le grand-père l’a bâtie, à côté de la cabane construite par l’arrière grand-père, potager à l’abandon, les grandes pièces accueillent maintenant avec le chien a la tendresse autoritaire, les voyageurs de passage.

La plage dans le vent (Juan Lacaze)

La plage dans le vent (Juan Lacaze)

Balade en bord de mer, un vent violent agite la masse brune frangée de beige, tempête et windsurf, que poursuit un chien inlassable.

Retour en autobus, le long du chemin, des motos, des chevaux et des tacots, les cabots en quête d’amitié , prêts à faire un bout de chemin avec qui le veut bien. Les passants et ceux qui se sont arrêtés comme figés au bord de nulle part, thermos et tasse à maté sous le bras ou bien posés à terre, pour tromper les heures, ou bien la faim.

Dans la salle colorée du « Drugstore » à Colonia pause déjeuner en musique, une femme chante pour la salle encore vide, il est tôt pour ici (14 h). Petits pois blancs, rouges, noirs, sur nappes jaunes, vertes, bleues, des tableaux, des photos, des objets au mur, et les cuisiniers aux fourneaux comme sur une scène.

Terminal d’embarquement de Colonia. Finie la parenthèse uruguayenne, vue sur l’océan dont la couleur oscille entre le cuivre et l’étain sous le soleil revenu, avant de rejoindre le port neuf, où déguster un cafe con lecce, en regardant passer les flâneurs, le quartier historique a perdu un peu de son air solitaire, immobile dans le temps, charme terni.

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trajet en autobus Colonia del Sacremento / Juan Lacaze : 1 heure et 70 pesos uruguayens

2 réflexions sur “Juan Lacaze (Uruguay)

  1. Buenas dias Geneviève, toujours un plaisir de te lire, c’est encore mieux qu’un guide touristique. Ton écriture nous fait connaître les personnes que tu rencontres, sentir la ville, écouter le bruit de la nature et ta poésie nous fait rêver. Merci! Je t’envoie des vœux de Noël remplis de neige et une année 2014 remplie de Paix, Harmonie, Bonheur, Amour. Johanne et Sylvie de Longueuil, Québec.

    • Merci du commentaire et des vœux qui font doux au cœur , je ne vous oublie pas et espère que nos chemins se croiseront ici, ou là … un de ces jours… Je vous embrasse, vous souhaite plein de beau et de bonheur pour la nouvelle année ! Geneviève

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