Brèves de Corée du Sud (Suncheon)

Le bus file dans un paysage domestiqué. Minuscules maisons traditionnelles au toit bleu, incongrues entres les hautes barres qui les enserrent. Sur chaque tour, pour se repérer , un nombre ou un nom. Saisir au vol, sur l’une d’elle, inscrit en caractère géant et en français  « Honnête ».

Courbés en deux, les pieds dans l’eau, les paysans dans les rizières. Des aigrettes égarées.  Des vélos dérivant entre les serres. Un village figé dans le temps. Jésus nous attend dans un dépliant. Délicieux anachronismes.

Terminal des autobus de Suncheon, régnant sur une mer de bagages, j’attends D. et E. en quête d’hébergement. Déniché rapidement, un hôtel de province à la coréenne, rideaux roses et dentelles kitsch, tenu par un homme et son épouse,  beaux visages ridés, avenants et prolixes.

Le bus pour « Nakan Fortress » le village traditionnel vient de passer, une charmante petite dame nous propose de la suivre, un premier bus nous amène dans un terminal bien fatigué, désert, où seule une très vieille dame, que les ans font ployer, tire un chariot, court après un bus qui ne l’attend pas.

Notre gentille m’abrite sous son ombrelle, se renseigne, mais le bus que nous devions prendre est supprimé, alors, malgré ses protestations, nous l’embarquons en taxi jusqu’au village.

Devant les remparts, les cars agrémentés de touristes à ombrelles nous font craindre le pire, mais peu de monde dans les ruelles de ce village où la vie va au ralenti. Artisanat et micro cultures. La petite dame nous emmène chez elle, à travers un  champ de pavot éclatant de rouge. Nous saluons la belle-mère édentée posée sur le maru avant d’aller flâner, dans une forte odeur d’ail, entre les bâtiments officiels où des statues de plâtre mettent en scène la justice et les méchants en prison,  les jolies maisons de pisé au toit de chaume, ,

De bon matin rejoindre Songwangsa temple,  où prient et psalmodient les moines, lampions colorés, hautes marches de pierre à l’ombre des pins. En contrebas le murmure de la rivière, et nous grimpons  vers un autre temple, de l’autre côté de la montagne,  le chemin est rude et la pause au sommet délicieuse, à déguster assis en plein air, un boribapp (herbes et légumes de la montagne marinés, pimentés, salade, riz au haricots rouge et soupe de soja) abondamment arrosé de bolées de dongdongju aigrelet et frais.

Bus au vol au retour, récupérer les bagages et encore un bus pour Séoul, de plaines en tunnels. A flanc de montagnes, le mamelon des tombes veillées par des stèles dressées comme des phallus, un soleil pâle qui se couche, sur les serres, les rizières et très vite la ville tentaculaire.

 

 

 

 

 

 

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