Excursion aux sources chaudes de Banjar et combat de coqs

Avec Sophie, psychomotricienne un brin stressée, échouée comme moi à Atres Villa, nous partageons une excursion vers le Monastère Boudhiste et les sources chaudes de Banjar.

Le monastère je l’ai déjà vu. Ce jour-là lumière et ambiance différentes, un autre lieu, au fond.

un des bassin aux sources chaudes de Banjar

un des bassin aux sources chaudes de Banjar

 Aux sources chaudes de Banjar, je salue la constance d’un militaire appliqué à faire des longueurs sans se défaire de son treillis. Et je me plonge dans un autre bassin, à la source des eaux à vertu médicinale, bien chaudes mais peu claires.

La région de Munduk sous la pluie

La région de Munduk sous la pluie

Coupe d'herbe à côté d'Atres Villa

Coupe d’herbe à côté d’Atres Villa

Puis le marché, odeurs et saleté, pas grand monde, il pleut maintenant, la chaleur moite enveloppe le paysage dans une brume légère, ballade entre monts et rizières, piscine sous la bruine.

au Marché, près des sources chaudes de Banjar

au Marché, près des sources chaudes de Banjar

C'est le bazar, au marché

C’est le bazar, au marché

Avant le coucher du soleil, nous rejoignons en scooter, au fin fond d’un village,  les propriétaires et leurs coqs, les parieurs, l’arbitre et la fumée des cigarettes, les spectateurs. Agglutinés sous une bâche dans la poussière, 

Combat de coq, dans l'arène

Combat de coq, dans l’arène

On (enfin, eux, pas moi !) promène les coqs, on les soupèse, on les encourage à se défier, on attache une lame de couteau à la patte à l’aide d’un fil rouge. Accroupis face à face, chacun son coq entre les mains, on les encourage à un simulacre d’attaque pour que les parieurs misent. La clameur enfle, rythmée par les paris. Quand suffisamment d’argent est en jeu, les hommes et leurs coqs s’éloignent l’un de l’autre et les coqs sont lâchés. C’est volée de plumes, collerettes hérissées, envol furieux, parfois en un éclair cette boule de plumes endiablée laisse un animal à terre, vaincu. Parfois, les adversaires blessés semblent lassés, chacun reprend sa bête, souffle dans son bec pour lui redonner de l’énergie, lisse les plumes, tire les queues et remettent leur protégé (!) dans l’arène. Si les coqs refusent le combat, épuisés, ils sont placés tête bêche sous leur cloche de bambou pour raviver leur agressivité, clameurs et encouragements fusent jusqu’à ce qu’il y ait un vainqueur et un vaincu. Qui finiront tous les deux à la casserole pour peu que ses blessures ne permettent pas au gagnant de combattre à nouveau.

les parieurs pèsent les chances de victoire du coq

avant le combat, les parieurs pèsent les chances de victoire du coq

Sur le talus, dominant l’arène, indifférents au carnage rituel, d’autres joueurs sont assis en tailleurs. Ils entourent ‘une plaque aux dessins naïfs. Un homme, concentré, mélange les dès sur les faces desquels sont représentées les figures. Les joueurs parient des cigarettes ou des roupies, même les enfants., Dans un silence oppressé, les gestes rapides, les échanges de billet, la perte et le gain.

Les joueurs misent de l'argent ou des cigarettes, enfants y compris

Les joueurs misent de l’argent ou des cigarettes, enfants y compris

En marge de la fièvre des joueurs, les cuisinières ont improvisé quelques warungs. Elles y vendent de quoi se remettre un peu de tant d’émotions.

Visite au forgeron, où l’un des hôtes d’Atres Villa achète de superbes couteaux dont il fait collection, au gré de ses voyages. Retour en scooter dans la splendeur du soleil couchant. Johnny dépose des offrandes, le portail grince, il fait déjà nuit noire … C’est l’heure des lucioles, brins de lumière virevoltant

de Keliki à Munduk

Marine et Antony m’ont donné envie de faire un petit tour du côté de Munduk, je prépare un sac mini pour pouvoir voyager léger, les regarde commencer un dessin, l’un de Ganesh et l’autre du Barong, sous l’oeil attentif de Nyoman, met du sel dans mon café … déguste papaye et pastèque accompagnés d’une galette de riz…

Encore, les minuscules oiseaux noirs et blancs dans le manguier, les papillons, le chant du coucou, le crissement du balai de bambou, l’écureuil la tête en bas, Sita souriante à côté de son grand père, le riz sèche, le coq s’ennuie dans son panier tressé, Raï s’affaire dans la cuisine. A l’entrée du temple les offrandes.

Tout petit en scooter et habit de cérémonie

Tout petit en scooter et habit de cérémonie

Irak m’emmène aux bureaux de la Perama (service d’autocar desservant l’île) en scooter, j’achète un billet pour Lovina et m’arrête à Bedugul, après m’être informée auprès du chauffeur, qui se met en quatre pour me trouver un taxi disposé à m’emmener de là à Atres Villa, à Banuyatis, où j’ai réservé 3 nuits.

Le chauffeur de taxi ne parle ni anglais, ni français et n’a jamais entendu parler d’Atres Villa mais  après 3 coups de fil à mes futurs hôtes en utilisant mon téléphone (vive les puces indonésiennes !)  il m’amène à bon port,

Atres Villa à Banuyatis, la piscine

Atres Villa à Banuyatis, la piscine

Je suis un peu déçue par Atrès Villa que M. et A. m’avaient décrit comme un petit paradis*. Les jolis bungalows et la piscine posés autour d’une rizière, l’immense réfectoire avec un écran plat géant ne m’inspirent pas vraiment. Trop centré sur la touriste que je suis.

* et pour tous les deux, il a bien pu en être ainsi, tout est affaire de rencontres, je ne suis peut-être pas arrivée au bon moment…

Une des cascades à Munduk

Une des cascades à Munduk

Les gérants absents pour cause de cérémonie, c’est le jeune Johnny qui fait les honneurs de la maison, m’emmène en randonnée. 19 ans rêvant de devenir chauffeur, gentil, bosseur, plein de bonne volonté, se débrouillant en français et piètre cuisinier (ah, l’assiette de nouilles et riz trop cuits accompagnés de frites froides, en guise de dîner)

Mais avant, longue ballade (choisie au menu des excursions au départ d’Atres Villa, 50.000 roupies – environ 4 € – l’après midi) avec Johnny,  cascade, torréfacteur, rizière encore et encore mais dans un décor de montagne pour changer, papyrus et arbres à pain. Guetteur dans les cabanes pour effrayer les oiseaux, une femme lave son linge dans le canal d’irrigation un petit gars tout nu à ses côtés et, dans la rue principale de Banuyatis, un improbable manège monté sur mobylette

Ballade à Banuyatis

Ballade à Banuyatis

Papyrus

Papyrus

système de distribution de l'eau pour les rizières

système de distribution de l’eau pour les rizières

Manège à Banuyatis

Manège à Banuyatis

du côté d'Atres Villa

Les nuages s’amoncellent du côté d’Atres Villa

Force de dissuasion, si j'étais un démon, je ferai demi tour ...

Force de dissuasion, si j’étais un démon, je ferai demi tour …