Colonia del Sacremento (Uruguay)

Réveil à l’aube, nuit courte, la pluie jouait sa musique des grands jours, pris le bus avec les travailleurs levés de bonne heure, tout imprégnés encore des langes de la nuit,  les bruits de la ville encore assoupis, on lave les seuils des immeubles à grande eaux, une jeune femme, une planche posée sur deux tréteaux, 2 thermos et quelques gâteaux improvise un comptoir sur le trottoir,

7 h du matin au terminal de Buquebus,  pour retrouver Israel, mon hôte de couchsurfing à Colonia del Sacremento de l’autre côté du Rio de la Plata (la plata, c’est « l’argent »)

Quand le bateau quitte Buenos Aires, apparaît une autre vision de la ville, plus altière, buildings tout de verre et miroirs à côté des docks et puis, à travers les nuages, le cadeau du soleil, du ciel bleu revenu, un arc en ciel sur la mer. A mes côtés, va et vient d’un enfant haut comme trois pommes souriant et baveux, deux amoureux, l’homme chantonne à l’oreille de sa douce, vilaine comme lui.

Arrivée au port de Colonia, Israel est là, avec sa voiture.  Il m’emmène dans la petite maison bleue toute encombrée, où Miriam, sa maman, reçoit l’inconnue que je suis comme une amie de toujours, avec quelques mots de français gardés précieusement de sa jeunesse  ! Dans la famille, avec cette même simplicité chaleureuse, m’accueillent Alejandro, le père, le grand-père et Shakira la petite soeur, sans oublier le chien, le chat, deux canaris…

La petite ville aux pavés chavirés, sous les vieux tacots, un passé comme figé dans des couleurs fanées, traversée de Colonia au ralenti, monter en haut du phare, un œil chez les artisans, en dehors de la ville, la plaza des toros finit de se décomposer, les lacs artificiels où Israël plonge en été, la mer roule ses vagues brunes, .

Fin d’après midi familiale, dans le séjour où l’on s’entasse entre livres, télé et computer, le maté tourne, les confiseries sont de sortie, un instant Miriam regarde sa série, el abuelo aussi en piquant du nez, Alejandro discute avec le voisin de passage, Israël a disparu avec sa petite amie, puis revient et tous ensemble, l’on parle et l’on rit et l’on s’étonne de nos différences, de nos ressemblances…

Alejandro me fait les honneurs du supermarché où Lili (c’est ainsi qu’Alejandro appelle Miriam, sa femme) travaille, lui s’y sent comme chez lui, dit-il, et c’est vrai qu’il papote avec chacun comme avec de vieux copains, avec ce sourire lumineux qui ne le quitte pas.

En cuisine, Alejandro m’initie au secret de son « Tuco »  : il faut mettre beaucoup beaucoup d’oignons et d’origan dans le chaudron de sorcière où s’entassent viande hachée, viande en morceaux, lard, chorizo (à la mode uruguyenne qui ressemble à la mode argentine) de multiples herbes et épices et de la tomate en coulis très coulant… Puis si heureux de me voir régaler de sa spécialité qui n’étonne plus personne dans la maisonnée…

Et je me sens si bien, dans cette famille au cœur immense « comme tu nous as vus, c’est comme nous sommes toujours, pas d’apparence » me dit Alejandro et Lili écrit un petit mot, me fait un cadeau pour mon anniversaire, ô présent des voyageurs, quel honneur de vous avoir rencontrés, je garde précieusement les instants partagés, riches de si peu et tant de choses à la fois.

Les murs et les voitures ont une histoire

Les murs et les voitures ont une histoire

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Israël me promène et m’emmène encore en voiture voir « la collection de porte clés et de crayons la plus importante du monde » comme l’atteste le parchemin du guide Guiness des Records encadrés sur le mur, amusant bric à brac de toutes les couleurs, étonnante cette idée de conserver des objets dérisoires pour s’inventer un territoire…

Détails pratiques, budget :

Une heure de bateau pour aller de Buenos Aires à Colonia del Sacrémento, pour avoir un tarif intéressant mieux vaut réserver à l’avance ou guetter les promos…

Plusieurs compagnies font la traversée, Buquebus, Colonia Express (moins chère) 

Il est possible de faire l’aller et retour dans la journée, le centre historique de Colonia est minuscule.