de Taormina à Borgo Cipampini

Piazza Vittorio Emmanuelle II, tavola calda, à l’intérieur, à l’extérieur, s’agitent les gens d’ici. Un ristretto, un capuccino. Dehors il fait beau, soleil sur les conversations croisées, un chat tigré fait le guet. Les touristes pas encore levés, si parla italiano, ça s’exclame plutôt. Le matin crépite, léger et frais.

Flâner dans les rues au charme nonchalant, la paix des églises, celle des jardins. Au loin la mer immobile, tour à tour bleu d’acier pâle, tourterelle irisée.

Jardin public a Taormina

L’autoroute vers Palerme, champs jaune vif, presque fluo sur fond de montagnes d’étain. Le paysage soulevé au loin. Un vert d’hiver, un vert de printemps. de l’un à l’autre les passereaux font la liaison.

Attention travaux ! Ouvriers arrêtés, les yeux dans les vagues du paysage. Ouvriers allongés dans cette flaque de soleil.

En direction de Gangi, la route se plisse, bourrelets d’asphalte et bitume déchiré.

La locanda di Cadi, notre chambre d’hôtes, est cachée dans un village miniature, tout de pierres serrées, chemins pavés, jolie chambre chaulée, égayée de céramiques.

Escapade vers Gangi, dans une brume de pluie glacée. Les enfants échappés de l’école colorent les rues délavées, un corbillard emmène le défunt du jour vers sa dernière demeure. Contraste saisissant entre les courses poursuites des petits et l’immobilité compassée du cortège funéraire bloqué dans l’étroite ruelle du village.

Au retour, la neige redessine le paysage, les voitures glissent doucement le long des ondulations de la route repeinte de blanc. Puis la pluie reprend la main, et le vent.

Dans la tourmente, vent furieux, une petite vieille sous son parapluie, burinée, large sourire édenté,nous explique en patois d’ici un chemin auquel on ne comprend rien. Suit du regard notre voiture égarée, hochant la tête d’un air étonné.

L’eau dévale les pavés, ruisselle en abondance, miroirs illusoires.

 

Se réfugier à FuocoLento, royaume de Diego, le chef inspiré, 4 convives ce soir là. En même temps que nous, un jeune homme et sa compagne, jolie  citadine élégante effrayée par le chat, le chien. Grimaces cocasse. Rires.

Une brassée de bois vert dans le poêle a tellement enfumé la salle que les yeux piquent, alors la porte ouverte laisse engouffrer le vent glacé, petits bouts des doigts gelés. La magie de la cuisine de Diego va tout effacer !

En prélude, un assortiment de fromages et charcuterie des petits producteurs del parco delle Madonie, qu’accompagnent une marmelade de citron maison, cœurs d’artichauts et poivrons rouges marinés à l’huile d’olive et à l’ail pour la touche de couleur, des olives charnues, une omelette fine recouverte d’herbes des montagnes, des « polpete » : boulettes aériennes et croustillantes à base de cosses de fèves, pomme de terre et oeuf enrobées de chapelure suivent. Plat du pauvre après guerre, la recette oubliée est réhabilitée par Diego, cuisinier amoureux de ses produits. Le régal ensuite d’une aérienne friture mixte de légumes, brocolis, poivrons, oignons, pomme de terre, aubergine avant de s’extasier devant un plat de pâtes à la Norma.

Les petites entrées nous ayant mis en appétit, nous attaquons un plat de viande de porc et saucisse de sanglier fondants, entouré d’un petit assortiment de cœur d’artichauts et fèves au romarin. Subtil mélange de texture et saveurs pour papilles en émoi.

On peut terminer en beauté avec une salade de fruit frais et une casata siciliana toute douceur.

Borgo Cipampini

Ce matin là,

La petite chatte efflanquée, à la crinière de lionne, fait littéralement du lèche vitrine en bavant sur notre petit déjeuner

La vieille dame à chapeau et pèlerine (la mamma de Diego I presume) est collée au poêle, récite son bénédicité avant de déjeuner d’un bel appétit tout en marmonnant, une prière peut être, sans discontinuer ni répondre à nos sourires insistants et puis, se lève et s’en va en nous saluant d’un grand sourire et « bon voyage » dans un français parfait du meilleur effet !

Petits détails pratiques, budget

A/R Easyjet Paris Catane 101 € (du 5 au 12 mars)

Rental cars (loueur Locauto) : location Opel Corsa pour 7 jours : 120 €, rachat de franchise inclus (ne pas prendre l’option à l’aéroport qui double le prix de la location)

Une nuit à la Locanda di Cadi, avec diner (sur commande uniquement) et petit déjeuner  a fuocolento : 100 €/2 personnes

 

Lanzarote (clichés)

« Accepte d’être modelé par la situation quand elle diffère de ce que tu avais prévu. Ainsi tu atteindras ton but malgré tout » Yi king

Imaginer randonner sur la lune

dans le parc naturel des volcans de Timanfaya

Noire, brun, rouge sang, âpre la lave

Lumière bleu vif, blanc éclatant

Imaginer arpenter l’île, marcher, nager, rêver

***

Rêver

Empêchée de marcher, les yeux dans les yeux de l’océan

Le regard au large, le coeur en dedans

 

« hâte toi de bien vivre et songe que chaque jour est à lui seul une vie » Sénèque

La rumeur lancinante de la mer, celle des voitures glissant sur le sol détrempé, l’étendue mouvante aux couleurs changeantes, gris uniforme, tranche napolitaine frangée d’écume, le feston presque noir des algues déposées et la pluie dilue l’horizon. Vol de sternes à contre vent. J’imaginais marcher dans le bleu du ciel, sur le brûlé de la terre, je suis posée, bien obligée, dans le camaieu des gris de tempête. Apprivoiser cette contrainte là. Gris acier montée haut, une déchirure de ciel bleu, le vent décoiffe les palmiers et mène promptement ses nuages gonflés d’eau, au loin un avion et l’horizon se noie brusquement.

Une nuance d’amande dans l’acier des marées, une ligne de lumière glacée entre ciel et mer, je contemple les broderies d’écume finement dessinées, soyeuses et mouvantes, ardoise surligné de blanc, lourds nuages d’étain,  soudain le chatoiement de mille étincelles. Bleu marine, émeraude, un coeur dessiné sur le sable, de larges brassées de soleil illumine l’écume de l’intérieur, dans le cercle de mes jumelles la quête d’un courlis cendré solitaire, celle d’une aigrette garzette, quand la plage dévoilée exhibe ses croûtes noires que les algues verdissent.

Vient le temps du paseo lungomare dans la mouvance duquel je ne peux me glisser, douceur du soir, ciel dégagé, nuages au loin, le soleil couchant, sur la plage blessée où l’eau affleure, dessine les écailles d’un monstrueux poisson.

….

Petits détails pratiques, budget

Fin novembre. Saison creuse à Lanzarote, prendre un vol sec est long (2 escales entre 7 et 17 h de voyage…) semble (presque) aussi onéreux qu’un package vol+transfert+hôtel demi pension

mais :

réservé sur sncf.com,  7 jours en demi pension à l’hôtel Diamar Arrecife : 548 € (+ 75 € chambre individuelle + 70 € vue sur mer + 60 € de taxi pour Roissy, il faut être à l’aéroport à 3 h !!! = plan moyen !!!) cerise sur le gâteau version carbone, nous étions 13 dans un boeing 737 à l’aller… plus de personnel à l’aéroport que de voyageurs : cherchez l’erreur ! Tout ça fait mal à l’écologie (mauvais plan) ! 

Location de voiture avec Cicar : 96 euros pour 4 jours et une fiat 500 jaune vif un peu poussive, pas de supplément de franchise, ni pour que la voiture soit mise à disposition à l’hôtel. Essence 30 € pour les 4 jours (l’île est petite)

Pour visiter les principaux sites de l’île, mieux vaut à la première visite acheter un bon (30 €) pour 6 entrées (Montagne de feu, Mirador del Rio, Cueva de Los Verdes, Jameos del Agua, Jardin de Cactus et Castillo san Jose)

Cafe con leche entre 70 c et 1.90 € suivant le lieu,  parillada de poissons en bord de mer : 25 €/2 pers, 13,50 € 1 pers, pizza 5 €, bocadillo (sandwich) 2,50 €

 

Brèves de Corée du Sud (Séoul)

Escale à Hongkong, intempéries, moiteur. Par les baies vitrées, regarder le lent ballet des grands oiseaux colorés,  dragons et  fleurs. Au loin enrubannées de lourds nuages noirs, les montagnes. A leurs pieds des buildings sans grâce où entasser des portions d’humanité.  La salle d’attente étrangement silencieuse. Au-delà, la mer de Chine.  Rêver d’autres horizons.

Gate 48 delay… monter dans l’avion, excuses du commandant, attendre, descendre de l’avion, rejoindre le quai 61, la nuit est tombée, 3 heures et demie de retard, minuit sera passé quand j’arriverai, plus de limousine… Mais la surprise heureuse d’être attendue.

Autoroute vers Séoul déserte dans une brume de nuit, il est 2 heures quand je me couche (à l’heure de Séoul) et 3 h quand je me lève (à l’heure de Paris)

Une subtile odeur d’encens sous les lampions jaune, orange, vert, rose, bleu pétants. Prières volent. Les nonnes vêtues de gris devisent en chuchotant.

Pause café aux pieds des buildings, grand uniforme feutré. Des nuées d’hommes en pantalon de costume, chemise bleue pâle ou blanche et cravates au vent,

Le grand V d’un vol d’oies sauvages sur le fleuve Han.

Dans la journée ensoleillée je remets les pendules à l’heure de l’Asie, Insadong et maisons traditionnelles, l’artisanat, les buildings et le fatras, les grandes artères et les ruelles étroites, retrouvé le contraste.

Milliers de petits rubans jaunes volent au vent, élan vers les âmes des enfants noyés dans l’océan indien (le naufrage du Ferry en partance pour Jeju Do est présent dans les esprits, comme une fracture ouverte dans le coeur des gens)

4 montagnes enserraient Séoul à l’époque de la dynastie Joséon. Namsan Park la nuit, murailles de cette ancienne ville là, et en bas des broderies de lumière qui les débordent largement et absorbent l’ombre en scintillant.

Séoul la nuit depuis Namsan Park

Figé sur l’herbe un lapin blanc et noir me dévisage. Ce n’est pas une statue puisqu’il se retourne, laisse voir trois drôles de points noir sur son échine quand il s’échappe en bondissant.

Gwangjang market, au milieu d’une débauche de hanboks, avec un mètre de couturière, la vendeuse fait sa gymnastique.

Dégusté (est-ce bien le terme ?) un ver à soie qu’une petite vieille enjouée et bavarde glisse d’autorité entre mes lèvres. C’est le coin des groins et du boudin à l’odeur forte, dont se régalent de bon matin, quelques amateurs éclairés. Etals étrangers, paniers cadeaux à imaginer, garnis de poulpes et de poissons séchés, gâteaux de riz et fruits déguisés, les pochettes de soie brodées, les hanboks colorés.

Les néons de Myeong dong, la foule agitée, bigarrée, sono saturée.

Le salon particulier d’un restaurant traditionnel où de jolies jeunes femmes en Hanbok assurent le service, silencieuses et souriantes, font glisser les portes coulissantes, les plats se succèdent, esthétiques et goûteux, délicieux au palais, à l’œil, les conversations se croisent et s’harmonisent en plusieurs langues, deux cultures, sourires et rires, protestations affectueuses, déclarations d’amitié, célébration de l’amour, un couple d’oie sauvage, un bouquet de roses rouges et l’émerveillement de se comprendre sans parler, mères de deux continents différents accompagnant l’engagement de leurs enfants.

Relève de la garde à Gyeongbokgung, au pied de la montagne, assise à l’ombre du portail d’entrée, crissement des graviers, exclamations des hordes d’écoliers en uniforme, élégantes sous parapluie,  bref et rauque l’appel du garde à se mouvoir d’un pilier l’autre, comme un sérieux jeu de quatre coins.

Une petite fille à ailes de papillon et paillettes dans le dédale du palais austère, arpenté par les maîtresses d’école et leurs élèves appliqués, cloisons de papier,salles dépouillées,

Diner dans un joli restaurant traditionnel tenu par le hippie du coin, assis par terre, la bouche en feu et les rires. E. les yeux écarquillés par un long voyage deux (oui 2 !) nuits et sa première soirée en Asie.

Seule, héler un taxi dans le tout petit matin, le premier contemple la carte de visite sur laquelle la belle écriture de M. a noté des indications, mais le chauffeur a beau rapprocher et éloigner successivement la carte de ses yeux, la lumière ne vient pas et il reste coi avant de me faire signe qu’il ne sait pas.

Gagner le droit de héler un autre taxi. Étrange sensation que d’être véhiculée sans vraiment savoir où je vais, par un taxi dont je ne suis pas sûre qu’il le sache mieux que moi…

Guitare électrique et pina colada to take out sur Insadong, il fait doux et la rue bruisse.  Tout autour des dizaines de policiers, à peine sortis de l’enfance, matraques lumineuses à la main, patrouillent en groupe fluorescent.

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Petits détails pratiques, budget (moyenne… il y a moins cher et … bien plus cher !)

A/R Paris/Séoul via Hong Kong avec Cathay Pacific : 599 €

Bus limousine entre Incheon et le Centre de Séoul : 10.000 won (environ 7,50 €)

Hébergement : environ 40.000 won/chambre (30 €)

Repas  au restaurant  : 7000  à 15000 won (de 5 à 10 euros café inclus)

Location de voiture avec GPS 60.000 won (40/45 €)

Taxi : entre 5000 et 12000 won (3/9 €)

Entrée dans un temple : 3000 won (2 €)

Trajet en métro : 1050 w (80 c)

Bus entre Séoul et Gangneung (au Nord Est) 21500 won (environ 16 euros)

Bus entre Séoul et Suncheon (au Sud Ouest) 18000 won (environ 13 euros)

Train Korail Séoul/Busan (au Sud) 37.000 won (environ 26 €)

 

Buenos Aires (5)

Photos ratées, photos souvenir, petites madeleines de la mémoire

Des élections le dimanche, alors kermesse : des fanfares et des fanions, des bonimenteurs et des supporters…

Carnaval pour candidats, rue Florida

Carnaval pour candidats, rue Florida

Matinée nonchalante, grands coups de vent, le ciel oscille entre gris et bleu, et mon âme aussi

La poésie au coin de la rue à San Telmo

La poésie au coin de la rue à San Telmo

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Musée d’Art Moderne, avenida San Juan, des couleurs, des miroirs, les années psychédéliques et puis cette pièce, chambre noire où l’on pénètre égaré, sans repère, les yeux plongés dans l’obscurité, peu à peu les spots posés à terre éclairent doucement, comme un lever ou un coucher de soleil, ou notre fugitif passage sur cette terre et je reste là, silencieuse et absorbée par les lumières diffuses et changeantes.

Galeria del Viejo Hotel à San Telmo

Galeria del Viejo Hotel à San Telmo

San Telmo, lumière absente mais belles bâtisses décrépies, passages secrets, une glace au dulce de leche et brownie et sabayon à se damner

Cours de tango à "La Catedral"

Cours de tango à « La Catedral »

La ville plongée dans le noir, « La Catedral » entrée comme une bouche géante, des escaliers métalliques et un taulier à l’entrée nous donne pour 40 pesos le petit ticket rose, sésame du cours de danse, immense salle dans la pénombre des bougies, un cercle d’ampoules multicolore au milieu, un immense comptoir de bois, une piste et tout autour des tables et des chaises en fin de parcours, dépareillées, déglinguées… Un homme au beau visage usé de douceur, catogan de cheveux gris et sa compagne menue, la trentaine, un visage prognathe mais illuminé de l’intérieur, sont nos professeurs. Former un cercle sous le cercle de lumière, bras dessus bras dessous, petits pas balancés dans un sens, dans l’autre, équilibre, déséquilibre, ils nous parlent de la musique et de l’improvisation, les yeux fermés se laisser guider, forces opposées et lâcher prise, je m’emmêle ardemment les pinceaux, rires et délices de la piste. Et puis place à la milonga, ceux qui savent et dansent chaloupés, que je regarde fascinée en sirotant le vin qui me donnera mal à la tête demain…

Le lendemain longue, longue marche dans Buenos Aires ensoleillée et ventée, pause empanada et déjeuner feutré à l’Ateneo sous la machinerie d’un ancien théâtre, transformé en librairie/ restaurant vue sur les livres et la somptueuse fresque du plafond

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« La Catedral » Sarmiento 4006, Buenos Aires  : cours de tango à  40 pesos (1 h 1/2) ; 1 bouteille de vin 50 pesos, 1 pizza 25 pesos

« El Cuartito » Talcahuano 900, les meilleures empanadas de Brs Ars  : 10 pesos

« El Ateneo » Café librairie, Avenue Santa Fé 1860, menu du jour avec boisson + café : de 65 à 80 pesos

Buenos Aires (4)

6 heures du matin des lambeaux de ciel rose par la fenêtre, E s’en va travailler courageusement, promenade rêveuse  le long des docks réhabilités. Se sont refait une beauté sous la garde des grues monumentales arrêtées là.

Regard du Puente de la Mujer sur les docks

Regard du Puente de la Mujer sur les docks

14 octobre jour férié et ville pavoisée, c’est mon anniversaire, il n’en fallait pas tant ! On se retrouve Plaza de Mayo, puis à Retiro, terminal des autobus, billets pour le nord, billets pour le sud, le bidonville à côté, coincé adossé aux immeubles de luxe. Contraste toujours.

Les géants de Florida

Les géants de Florida

Changer l’argent dans l’arrière boutique d’un « locutorio » sur Florida, un petit air de prohibition, attraper au vol le bus n° 4 qui nous emmène à la réserve écologique, où sur un ancien dépôt d’ordures la nature reprend ses droits  le long du Rio de la Plata, où nous marchons longtemps, et les oiseaux sont là, de toutes espèces et de toutes tailles, et les enfants en blouse blanche autant piaillant, l’escapade des aveugles en rang par 4,  c’est la journée des cannes blanches !

Dans la réserve écologique

Dans la réserve écologique

Sieste sous les palmiers d’un jardin de Palermo à regarder les perruches vertes, les drôles d’oiseaux aller venir, dans la rumeur d’un jour férié très animé, des stands de spécialités d’Amérique du Sud sont installés, entre lesquels s’agitent joggeurs, rollers, marie-louise et famille à maté et fernet branca, tout déballé, coloré, bruyant. Au milieu de ce drôle de bazar, des canards, blancs dodus par dizaine.

Lundi et jour férié, un challenge pour trouver le restaurant où festoyer  à San Telmo, ce sera un repaire d’amateurs de football, maillots et ballons du sol au plafond et un délire de viande goûteuse et tendre dans l’assiette, accompagné de vin soyeux, retour dans la nuit douce.

La Brigada à San Telmo

La Brigada à San Telmo

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du côté du Budget

Aller/retour en bus Cama Retiro/Puerto Madryn 1224 pesos

Aller simple en bus Cama  Retiro /Mercedes Corrientes : 310 pesos

Les billets de bus sont moins chers achetés au terminal des autobus, et en espèces (facilement 15 % de réduction)

2 parts de pizza, 1 eau, 1 bière, avec Faîna (galette au goût incertain, que les argentins mangent avec la pizza) : 52 pesos

Recharge Movistar (téléphone) 30 pesos

Bon repas de viande au resto « La Brigada »  pour 3 : 400 pesos

Buenos Aires

Pas de ceinture de sécurité mais un chapelet dans le petit taxi jaune et noir que mène rondement un papi peu loquace jusqu’à la porte du palais abîmé de mon exilée.

Au bord de l’autoroute, un homme, son cheval à la main…

Les faubourgs traversés, tours délabrées et cubes colorés entassés, resserrés en désordre, comme écrasés sous le poids des citernes qu’ils portent. Tôle ondulée, béton désarmé, briques de bric et de broc, des couleurs délavées, une guirlande de casquettes aux couleurs vives sèche au soleil. Première impression de délabrement élégant, architecture enchevêtrée, disséminés quelques clochers pimpants.

E. aux portes du Palais

E. aux portes du Palais

De raides escaliers de marbre ébréché, des vitraux cassés, un joli mélange de plantes et de nationalités… et un petit déjeuner aux douceurs argentines, fourrées au dulce di lecce.

La déco de "ma" chambre rue Peru (en fait celle de Carlos, colombien en voyage aux USA)

La déco de « ma » chambre rue Peru (en fait celle de Carlos, colombien en voyage aux USA) : « La jeunesse doit créer »…

Les courses dans les boutiques du coin, le boucher derrière son étal désordonné, les fruits et légumes fatigués servis par des petits bonshommes gras, bruns et courts sur pattes, enveloppés dans de grands tabliers rouges, le sourire parcimonieux.

Echappée dans le parc Lezama, les mamies vendent leur  production au crochet, délicieusement kitsch, le marchand de glace, glacière en bandoulière vante  ses « bombon » les enfants jouent, les chients baillent dans la lumière. Rue Pérou, rue Brazil, Rue Bolivar, c’est bien en Amérique du Sud que l’on déambule, moi incrédule.  Les « cartoneros » tendent la main entre deux cartons pour demander, sans conviction, des « monetas », les grilles sont baissées, les rues désertées.  Au choeur d’une église à demi dépouillée blanc, à demi baroque bleu et or, une répétition de blonds musiciens allemands.

Surprise : au centre de la Maison Rose, on change de couleur !

Surprise : au centre de la Maison Rose, on change de couleur !

Et l’on arpente les « cuadras » dans un sens et dans l’autre, le « micro centro » tourne au ralenti, à moins que ce ne soit moi, pas encore atterri. Avenue de Mayo, l’Arménie est en fête,  la Casa Rosada nous ouvre ses portes. et T. a quelques cuadras de là nous concocte una « Bandeja Païsa » accompagné de « Patacones » spécialité de son pays, la Colombie : bienvenue en « America del Sur »…

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Petits détails pratiques, budget :

Pour se déplacer en transports en commun à Buenos Aires

carte de métro 12 pesos + carga (recharge, valable dans les bus également et pour le delta du Tigre, la Plata)

un trajet en métro : 2,50 pesos

bus : 1,50 à 2,35 pesos selon la distance (en montant dans le bus on indique soit le tarif, soit la destination)

Très pratique pour organiser ses déplacements en ville :

carte interactive des transports à Buenos Aires

Téléphone :

Avec un portable desimlocké on peut acheter pour 10 pesos une carte Sim Argentine, que l’on recharge d’une  « carga virtual » selon ses besoins (30 pesos par exemple, il y a souvent des offres promotionnelles qui dupliquent ou tripliquent la mise, donc attendre les offres… pour avoir plus, avec moins !)

le Week end visite guidée gratuite en espagnol et en anglais de la Casa Rosada

Buenos Aires, Argentina

Un soir de février 2013,  E. prend son envol pour l’Argentine, Buenos Aires, si loin, en plein été

Elle s’en va

Reviennent les clichés sur ce pays, le désir d’aller la retrouver, partager un peu de ce rêve mûri en secret

place de Mai, Révolte et Maison Rose

place de Mai, mère, Révolte et Maison Rose

Milonga et Tango à San Telmo (Buenos Aires)

Republica de la Boca, les couleurs du Caminito

Republica de la Boca, les couleurs du Caminito

Fini la dictature, vive Mafalda

Mission, le bouillonnement fascinant des chutes à Iguazu

Mission, le bouillonnement fascinant des chutes à Iguazu

Faune de passage dans le paysage

des gauchos, avec ou sans chevaux !

des gauchos, avec ou sans chevaux !

Juste avant l’hiver,  je change d’hémisphère, la tête à l’envers, m’en vais au printemps.

Vol de nuit.

A mes côtés un gentleman courtois, à l’humour très british, bien que tout à fait suisse.

Le personnel de bord le prend pour mon époux… mais…

Lui s’en va crécher chez des amis qui se sont offert dans le nord, à 3 H de route de  Salta, un domaine de 200 000 hectares…

Moi, je rejoins les fastes délabrés de San Telmo, hôtel meublé pour expatriés désargentés, auberge espagnole en Argentine…

Somptueux lever de soleil sur le Brésil, dentelles d’eaux miroitantes découpées sur vert profond  et le flamboiement jaune orangé qui s’en élève ou les couronne.

Nous entrons en Argentine dit la petite voix venue de nulle part.

Budget :

Vol direct Air France Paris/Buenos Aires 1175 € , il y a bien moins cher (aux alentours de 800 €) mais moins direct sur le Net

Aéroport/Centre : Bus Manuel Tienda Leon 10 € , de là prendre un « Remis » (taxi partagé) ou commander un taxi (pour rejoindre mon adresse à San Telmo : 5 €)

Un taxi pour le Centre coûte 43 € (intéressant pour qui voyage à plusieurs… seul l’option bus est plus intéressante, il y a également un service de minibus pour 55 pesos/personne, qui ne fonctionne pas le week end)