Grande Cérémonie à Payogan

Grande cérémonie au village de Payogan, les villageois la préparent depuis des semaines,  nous sommes 5 que Wayan Tara emmène au temple, lui-même ne participera pas, il n’a pas aidé à la préparation des offrandes et aurait honte de participer à la fête sans avoir donné de son temps et de son argent  Patient, il nous attendra longtemps dans un warung du village…

un des orchestres de Gamelan,  qui rytmeront la cérémonie. On aperçoit au fond,  le grand tableau où sont inscrits les donateurs des offrandes

un des orchestres de Gamelan, qui rytmeront la cérémonie. On aperçoit au fond, le grand tableau où sont inscrits les donateurs des offrandes avec le montant de leur don

Absorbée. Dans un autre espace temps.  Etrangère. Je ne suis pas un corps étranger. Enlevée, élevée, ravie. Par les couleurs, les odeurs, la musique et les danses. Par la ferveur légère et joyeuse, par l’opulence baroque des offrandes, dons d’ éphémère beauté .

gracieuses petites filles en habit de cérémonie

gracieuses petites filles en habit de cérémonie

La cérémonie est une fête, un moment de pause dans la vie quotidienne

La cérémonie est une fête, un moment de pause dans la vie quotidienne

dentelles de bambou, la délicatesse et la patience en offrande

dentelles de bambou, la délicatesse et la patience en offrande

Joie de vivre et d'être ensemble

Joie de vivre et d’être ensemble

Les petites danseuses de legong, concentrées (c'est un honneur de danser dans les cérémoies), se préparent

Les petites danseuses de legong, concentrées (c’est un honneur de danser dans les cérémoies), se préparent

Les garçons aussi offrent leurs danses rituelles

Les garçons aussi offrent leurs danses rituelles

L'orchestre de Gamelan annonce l'entrée en scène d'un des personnages de la danse du Barong

L’orchestre de Gamelan annonce l’entrée en scène d’un des personnages de la danse du Barong

La même histoire, la même communion

La même histoire, la même communion, les musiciens attentifs au moindre mouvement du danseur qu’ils précèdent ou ponctuent

Ce désir de participer, d'être là tout entier, musique s'il vous plait !

Ce désir de participer, d’être là tout entier, musique s’il vous plait !

Après la prière, la bénédiction : 3 fois l'eau sacrée (3 fois pour la trinité hindoue)

Après la prière, la bénédiction : 3 fois l’eau sacrée (3 fois pour la trinité hindoue)

Tout petit, on ne fait pas moins partie de la communauté

Tout petit, on ne fait pas moins partie de la communauté

Si chacun est coiffé de blanc pendant une cérémonie c’est pour offrir un chemin au dieu de passage,  les bois odorants et les encens emportent l’essence des offrande vers les divinités… pour que celles-ci apportent la prospérité à la communauté et que les mauvais esprits causent le moins d’ennuis possibles,

chaque statue, chaque divinité est décorée, honorée...

chaque statue, chaque divinité est décorée, honorée…

Tant et tant de sens, de symboles, d’énergie déployés. Impressionnant. Littéralement.

A peine quelques images déposées sur la toile, l’essentiel est ailleurs, dans l’expérience partagée avec générosité par chaque membre de la communauté.

« on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux » écrit Antoine de Saint Exupery, (Aurait-il assisté à une cérémonie balinaise ?)

Danse Barong au Village de Batulaban

La danse Barong et du Kriss* à Batulaban, n’avait lieu qu’une fois par an mais Dieu a accepté que cette danse ait lieu tous les jours pour faire connaître la culture, explique Wayan Tara.

Ce matin, sous un ciel bleu pommelé de blanc, près du temple, se rejoue l’éternel lutte du bien et du mal. Envoûtant le son du gamelan, les costumes et les masques, la théatralité appuyée de chaque geste, ensorcelante la grâce des danseuses, et puissant le moment où les danseurs armés de Kriss, en transe, se précipitent au secours du Barong, attaquent violemment Rangda la sorcière, dont la magie les pousse à retourner leurs armes contre eux, le pouvoir du Barong les empêche à son tour de se blesser, l’équilibre est maintenu…

Danse Barong et du Kriss à Batulaban

Danse Barong et du Kriss à Batulaban

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* »Barong, créature mythique à la longue queue incurvée qui se balance, représente le bon côté : c’est le protecteur de l’humanité, la gloire du soleil au zénith, un esprit faste associé à la magie blanche et positive. La sorcière-veuve Rangda est son complément. Elle règne sur tout un monde de mauvais esprits et de sorcières qui hantent les cimetières la nuit. Les deux personnages sont faits de la même substance terrestre et possèdent une force magique puissante… L’essence du Barong et Rangda reste le conflit éternel entre les deux forces cosmiques, que symbolisent les deux protagonistes. »… (Gallimard, le grand guide de Bali)

Ubud, le matin

à 9 h du matin, Ubud est encore calme, il fait bon s’y promener, avant que le soleil ne soit trop haut, trop chaud.

S’engouffrer, dans la chaleur sombre du marché,  dans le dédale des étals où se côtoient  les fruits, les légumes et les paniers, les sarongs et les bouddhas, les petites vieilles édentées et les jolies poupées.

Une marchande de paniers à offrandes, tout sourire, au marché d'Ubud

Une marchande de paniers à offrandes, tout sourire, au marché d’Ubud

Parcourir la Monkey Forest street, ce grand U plein de petites boutiques et cafés qui n’en finit plus, la chaleur monte alors s’offrir un jus d’avocat au chocolat en contemplant les rizières que la ville n’a pas encore grignotées… après s’être offert un massage des pieds (40.000 roupies, moins de 4 €) qui donne des ailes, retourner chez ibu oka où une petite fille fait ses devoirs sous l’oeil bienveillant d’une grand mère, dans le va et vient des clients et serveuses.

Les devoirs pour l'école, sur la paillasse au restaurant Ibu Oka à Ubud

Les devoirs pour l’école, sur la paillasse au restaurant Ibu Oka à Ubud

Garder les yeux ouverts : derrière les murs, la sérénité d’un jardin. Les coqs sous leur cloche de bambou tressé, des statues sentinelles.

A Ubud, à travers une porte ouverte, le calme d'un jardin

A Ubud, à travers une porte ouverte, le calme d’un jardin

Garder les yeux ouverts et regarder où l’on met les pieds : pour ne pas piétiner les offrandes sur le sol, ni s’empaler sur un balai, ni s’étaler sur la pavé un rien disjoint….

Attention à la marche !

Attention à la marche !

Un petit garçon, très appliqué et très sérieux, aide son papa à poncer une planche

Un petit garçon, très appliqué et très sérieux, aide son papa à poncer une planche

Louées soient les offrandes sur les selles des vélo à louer , elles protégeront le cycliste

Louées soient les offrandes sur les selles des vélo à louer , elles protégeront le cycliste

Dans le café où je me suis arrêtée, une jolie serveuse s’en va munie d’une perche récolter des mangues pour les jus de fruits frais, elle me propose de l’accompagner, rieuse et spontanée.

Je suis bien, comme enveloppée de la douce brise des ventilateurs, l’odeur du figuier, celle des frangipaniers. Un peu plus loin, la mélodie entêtante du Gamelan, le ronronnement des scooters, le babillage des enfants , les coups secs de la machette qui tranche et hache les légumes.

Et encore partout, partout ces marques de foi, les étoffes qui drapent les statues, entourent les esprits, les offrandes pour contenter chaque Dieu, les petites ombrelles dont l’ombre tutélaire nous protège et cette manière prévenante et douce d’être au monde.

La beauté éternelle et éphémère, à portée de mains

La beauté éternelle et éphémère, à portée de mains

Retour à Keliki en scooter, avec Nyoman, toujours exact, et son sourire toujours le précède, thé et papotage à Keliki, les nouvelles du jour, les projets du lendemain, la douceur du moment présent.

Wayan Tara, ce soir, nous emmène voir le spectacle de danse Kecak* au temple du village de Junjungan.

Nous sommes moins d’une douzaine de touristes, trônant sur quelques fauteuils en plastique face au Temple.

Dans la pénombre, sur le côté, les villageois petits et grands, sont venus assister au spectacle.

Ambiance et chant envoûtants,  la grâce des danseuses s’oppose au grotesque des démons, le bien et le mal s’affrontent dans une débauche de gestes, d’incantations et de symboles,

* La danse kecak raconte un épisode du Ramayana, le récit épique hindou, au cours duquel l’armée des singes commandée par Hanuman aide Rama à délivrer son épouse Sita, prisonnière de Ravanna, le roi de Lanka, qui l’a enlevée.
Les danseurs sont assis en rond, autour d’un feu, et produisent eux-même le rythme de la danse, en poussant des ‘tchac – tchac – tchac’ immitant le cri des singes, et qui donnent son nom à la danse : la kecak.