Concours de pêche, Batik et excursion

Grand concours de pêche ce matin au village, Eka et Adi participent, Lodra aussi, qui gagne le veau (gros lot) ! Au bord du canal d’irrigation de la rizière, côté à côte petits enfants et adultes au coude à coude, une canne microscopique à la main, traquent les poissons chats, exclamations, rires, commentaires joyeux se mêlent au grésillement de la sono venant de la tribune du jury, une agitation joyeuse autour des warungs improvisés à l’abri des arbres, pour les petites soifs, on se fournit au bar ambulant posé en équilibre sur la tête d’une femme…

les pêcheurs et les curieux masquent le canal et les poissons en contrebas du warung improvisé

les pêcheurs et les curieux masquent le canal et les poissons en contrebas du warung improvisé

Adieu à Do et Coco, hôtes de Putri et Riom, Ratou le petit fait mine de me vendre les peintures de son père, il est à croquer. Une petite visite aux porcelets nés cette nuit, il est presque midi, les enfants jouent, une fine brise adoucit la chaleur du jour, chants d’oiseaux et chants du coq. les cigales dans un élan dominent le paysage sonore puis se taisent, les canards ajoutent au concert par instants, un papillon aux ailes bleu métallique volette, le temps est suspendu, douceur de vivre protégée par la petite offrande de feuille de bambou et de fleurs déposée délicatement par Raï à l’orée du jour.

Ratou petit garçon déluré et Putri, sa maman

Ratou petit garçon déluré et Putri, sa maman

Partie de pêche au Balé

Partie de pêche au Balé

Feuilleter la gazette de Bali au son du rire et des jeux des enfants, en sirotant un café balinais… what else ? Eh bien, un petit tour en scooter avec Nyoman, acheter des cartes postales et des timbres à Ubud, rendre visite à Widya* dans le village de Kutuh et le regarder dessiner dragons et poissons que ses acolytes recouvriront de cire avant de passer le tissu à la teinture à de multiples reprises, dessinant de superbes batiks.

(*Widya donne des cours de Batik, pour 380.000 roupies/30 € la journée, pour ceux qui le désirent, chauffeur compris pour l’aller et le retour au départ de Keliki)

Widya en pleine création de motifs

Widya en pleine création de motifs

application de la cire sur les motifs

application de la cire sur les motifs

Passage à travers les rizières bien ordonnées de Punjung, où les touristes sont en nombre tel qu’un embouteillage s’est formé, inattendu après les chemins étroits et bucoliques que nous avons emprunté, un petit temple au creux d’un vallon, comme un petit frère de Tirta Empul du côté de Gunung Kawi où des enfants se baignent,

Ablutions au temple

Ablutions au temple

et retour par ces mêmes sentiers cachés au coeur des villages, Nyoman me dépose au warnet où la connexion est capricieuse, et les enfants absorbés par leurs jeux en réseau…

Les enfants absorbés dans leurs jeux au warnet de Keliki

Les enfants absorbés dans leurs jeux au warnet de Keliki

19 h 45, un délicieux mie goreng préparé par Raî plus tard, posée au milieu du balé bruissant de la vie du soir, je savoure le thé et les instants denses et doux offerts en abondance…

Tanah Lot et Taman Ayun

A peine sortie de ma chambre, Raï est là qui m’apporte un thermos d’eau chaude pour la douche. Le peintre Dolit vient en voisin. Chants et chuchotement bercent le moment du petit déjeuner.

les fleurs de frangipanier, au parfum délicat, pour les offrandes, ou pour glisser derrière l'oreille,

les fleurs de frangipanier, au parfum délicat, pour les offrandes, ou pour glisser derrière l’oreille,

Avec Joh et Sylvie demi tour ce jour là, pour visiter le temple de Tanah Lot, c’est un peu le Mont Saint Michel de Bali, pour la beauté du site, et pour les marchands du temple et la foule de touristes qui s’y pressent,

Sur le chemin, une petite pause contemplation. Surpris de cette intrusion dans son paysage, comme nous par son apparition, un homme nu comme un ver, une main devant, une main derrière, sort du canal d’irrigation où il prend son bain,

Jamais seul sur le site de Tanah Lot

Jamais seul sur le site de Tanah Lot

Les couleurs du site de Tanah Lot  par Joh, le même jour ...

Les couleurs du site de Tanah Lot par Joh, le même jour …

Wayan Tara boit du Susu soda Gembiran dans le warung où nous déjeunons. Je ne sais pas de quoi il est fait ce soda, mais je trouve le nom trop joli...

Wayan Tara boit du Susu soda Gembiran dans le warung où nous déjeunons. Je ne sais pas de quoi il est fait ce soda, mais je trouve son nom et sa couleur très jolis…

Nous découvrons le Puri Taman Ayun dans la grande chaleur de début d’après-midi, mais c’est la fraîcheur du calme et du silence, la solitude des jardins bien soignés qui nous séduisent.

Nuls marchands du temple aux abords de Puri Taman Ayun, là tout n'est qu'ordre et beauté...

Nuls marchands du temple aux abords de Pura Taman Ayun, là tout n’est qu’ordre et beauté…

jardins du Puri Taman Ayun

jardins du Pura Taman Ayun

deux des Merus (autels à toits multiples) du Pura Taman Ayun

deux des Merus (autels à toits multiples) du Pura Taman Ayun

De retour à Keliki, un comité d’accueil enjoué à la porte du Balé : Laneng, Ewi, Wika

Lanang, Ewi, Wika joyeux comité d'accueil  à la porte du Balé

Lanang, Ewi, Wika joyeux comité d’accueil à la porte du Balé

Randonnée et fabrication d’offrandes

Tac tac la machette hache, scritch scritch le balai crisse, le cri bref des margouillats, les coqs encore et le léger claquement des claquettes. Dans un plateau les offrandes et les bâtonnets d’encens,

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Assiette de papaye et bananes, une galette de riz croustillante et du thé chaud, bye, bye Yves, ami et traducteur ou bien l’inverse (et bien plus encore) des familles de Keliki, et aussi aussi interlocuteur passionné, passionnant et patient … (merci à lui !)

Ce matin encore arpenter les rizières, je suis accro ! et cette fois-ci, en joyeuse compagnie de Nyoman et mes copines de cérémonie, Coco, Dominique, Joh et Sylvie.

marcher, porter, ton sur ton

marcher, porter, ton sur ton

Il y a ces rencontres silencieuses, harmonieuses, un équilibre fragile menacé par les envies de paradis pour tous, sans égard, sans regard, le nez dans le guidon, les mains dans le pognon…

Complexe hôtelier en onstruction près d'Ubud

Complexe hôtelier en construction près d’Ubud

A  Bali, il y a beaucoup de déssès (déchets) me dit Nyoman, d’un air affligé. Et c’est vrai, petite mort de la beauté, paysage abîmé, alors prendre les chemins de traverse, aller plus loin, au creux du paysage. Beaux visages.

Made, père de Raï et sa fille

RaÏ à la table de peinture avec Madé, son père

De retour du warnet de Keliki, une haie d’honneur de chiens qui aboient en reculant, beaux sourires accrochés aux « hellos » des villageois que je croise, questions de petits garçons curieux, la mamie les seins nus balaie devant sa porte, Poleng et Bloom me font des grâces, la petite Sita aussi.

La confection des offrandes du soir, auprès de Raï

La confection des offrandes du soir, auprès de Raï

Entre les doigts de RaÏ, le pliage et l’assemblage des feuilles de palmiers pour confectionner les offrandes semble évident, beaucoup moins entre les miens. C’est pas grrrrrrrrave, c’est norrrrrmal me dit-elle avec indulgence.

Petit matin et visite du site de Gunung Kawi

A 5 h 20, la nuit tout doucement se défait de ses grands voiles sombres, l’air est saturé d’humidité, les coqs se répondent d’un balé, l’autre, crissement des cigales, de petits crapauds s’aventurent à travers le jardin, l’air vrombit littéralement du bruit des insectes, instant précieux,où chacun évolue en silence, avant que le jour ne se déploie.

Sur le chemin, je croise les hommes en partance pour leur sawah*  la serpe à la main ou glissée dans le sarong, un héron s’envole sous mes pas, l’eau des canaux résonne et se répand de niveau en niveau, c’est l’heure des oiseaux et de grands papillons noirs dessinent de mystérieux hiéroglyphes sur le vert des rizières.

parcelle individuelle de rizière

Adi et Ebi prêts pour l'école

Mais au retour c’est Adi et Ebi, les garçonnets en uniforme que j’épingle

Siti trie avec un grand sérieux les fleurs de Frangipaniers pour les offrandes, les fleurs fraîches seront posées en hauteur, pour les Dieux, les fleurs fanées, au sol pour les démons, grand sourire et coucou de sa petite soeur Sita …

Siti la grande devant et Sita sa petite soeur

Sita la grande devant et Siti sa petite soeur

Coco, Dom, Geneviève, Sylvie, Johanne et Wayan Tara : Sarong et ceinture pour tout le monde : journée aux temples (Gunung Kawi puis cérémonie à Payogan)

Coco, Dom, Geneviève, Sylvie, Johanne et Wayan Tara : Sarong et ceinture pour tout le monde : journée aux temples (Gunung Kawi puis cérémonie à Payogan)

Girouette chez les marchands du Temple de Gunung Kawi

Girouette chez les marchands du Temple de Gunung Kawi

S’imprégner de la majesté du site de Gunung  Kawi**, tout en bas d’un immense escalier de pierre, la rivière Pakrisan au milieu des rizières.

** Gunung Kawi est un temple construit au xie siècle dans le nord-est de Tampaksiring près d’Ubud. 

Le complexe auquel on accède comprend 10 sanctuaires (5+4+1) en forme de candi (du nom de Candi ou Candika,  forme démoniaque et destructrice de la déesse Sakti). creusés dans le rocher de la falaise sur une hauteur de 7 m. Ces monuments sont supposés être dédiés au roi Anak Wungsu (de la dynastie Udayana) et à ses épouses.(source Wikipedia)

La légende raconte que le géant kebo Iwa sculpta tous les monuments en une nuit avec ses ongles.

descente vers le site de Gunung Kawi

descente vers le site de Gunung Kawi

Wayan Tara devant les candis de Gunung Kawi

Wayan Tara devant les candis de Gunung Kawi

Les cellules de moine à Gunung Kawi

Les cellules de moine à Gunung Kawi

Emouvant le silence des pierres, dans le bruissement de la nature qui l’enserre.

Nous ne sommes pas de purs esprits et l’émotion nous donne faim, Wayan nous emmène dans un minuscule warung en bord de route, où la cuisinière toute étonnée de se retrouver face à 5 occidentales affamées, nous sert avec les doigts un délicieux nasi campur (du riz, des épinards, des crevettes et du tofu frits, des cacahuètes grillés… 7000 roupies, environ 60 centimes)

modeste cuisine mais délicieux Nasi Campur

modeste cuisine mais délicieux Nasi Campur

Pas de commodités dans les petits warung, et Wayan, prévenant, nous emmène à sa suite chez une de ses connaissances (membre du gouvernement précise-t-il) dont nous utiliserons, avec sa bénédiction, les toilettes….

(Vraiment sympa, cet homme là … imaginez un guide se présentant à la porte de chez vous avec 5 touristes en quête de toilettes… )

Orchidées et créatures mythiques dans le jardin de notre hôte momentané

Orchidées et créatures mythiques dans le jardin de notre hôte momentané

Toutes les décorations sont sculptées et peintes par de patientes petites mains inspirées par la Muse

Toutes les décorations sont sculptées et peintes par de patientes petites mains inspirées par la Muse

Ubud, le matin

à 9 h du matin, Ubud est encore calme, il fait bon s’y promener, avant que le soleil ne soit trop haut, trop chaud.

S’engouffrer, dans la chaleur sombre du marché,  dans le dédale des étals où se côtoient  les fruits, les légumes et les paniers, les sarongs et les bouddhas, les petites vieilles édentées et les jolies poupées.

Une marchande de paniers à offrandes, tout sourire, au marché d'Ubud

Une marchande de paniers à offrandes, tout sourire, au marché d’Ubud

Parcourir la Monkey Forest street, ce grand U plein de petites boutiques et cafés qui n’en finit plus, la chaleur monte alors s’offrir un jus d’avocat au chocolat en contemplant les rizières que la ville n’a pas encore grignotées… après s’être offert un massage des pieds (40.000 roupies, moins de 4 €) qui donne des ailes, retourner chez ibu oka où une petite fille fait ses devoirs sous l’oeil bienveillant d’une grand mère, dans le va et vient des clients et serveuses.

Les devoirs pour l'école, sur la paillasse au restaurant Ibu Oka à Ubud

Les devoirs pour l’école, sur la paillasse au restaurant Ibu Oka à Ubud

Garder les yeux ouverts : derrière les murs, la sérénité d’un jardin. Les coqs sous leur cloche de bambou tressé, des statues sentinelles.

A Ubud, à travers une porte ouverte, le calme d'un jardin

A Ubud, à travers une porte ouverte, le calme d’un jardin

Garder les yeux ouverts et regarder où l’on met les pieds : pour ne pas piétiner les offrandes sur le sol, ni s’empaler sur un balai, ni s’étaler sur la pavé un rien disjoint….

Attention à la marche !

Attention à la marche !

Un petit garçon, très appliqué et très sérieux, aide son papa à poncer une planche

Un petit garçon, très appliqué et très sérieux, aide son papa à poncer une planche

Louées soient les offrandes sur les selles des vélo à louer , elles protégeront le cycliste

Louées soient les offrandes sur les selles des vélo à louer , elles protégeront le cycliste

Dans le café où je me suis arrêtée, une jolie serveuse s’en va munie d’une perche récolter des mangues pour les jus de fruits frais, elle me propose de l’accompagner, rieuse et spontanée.

Je suis bien, comme enveloppée de la douce brise des ventilateurs, l’odeur du figuier, celle des frangipaniers. Un peu plus loin, la mélodie entêtante du Gamelan, le ronronnement des scooters, le babillage des enfants , les coups secs de la machette qui tranche et hache les légumes.

Et encore partout, partout ces marques de foi, les étoffes qui drapent les statues, entourent les esprits, les offrandes pour contenter chaque Dieu, les petites ombrelles dont l’ombre tutélaire nous protège et cette manière prévenante et douce d’être au monde.

La beauté éternelle et éphémère, à portée de mains

La beauté éternelle et éphémère, à portée de mains

Retour à Keliki en scooter, avec Nyoman, toujours exact, et son sourire toujours le précède, thé et papotage à Keliki, les nouvelles du jour, les projets du lendemain, la douceur du moment présent.

Wayan Tara, ce soir, nous emmène voir le spectacle de danse Kecak* au temple du village de Junjungan.

Nous sommes moins d’une douzaine de touristes, trônant sur quelques fauteuils en plastique face au Temple.

Dans la pénombre, sur le côté, les villageois petits et grands, sont venus assister au spectacle.

Ambiance et chant envoûtants,  la grâce des danseuses s’oppose au grotesque des démons, le bien et le mal s’affrontent dans une débauche de gestes, d’incantations et de symboles,

* La danse kecak raconte un épisode du Ramayana, le récit épique hindou, au cours duquel l’armée des singes commandée par Hanuman aide Rama à délivrer son épouse Sita, prisonnière de Ravanna, le roi de Lanka, qui l’a enlevée.
Les danseurs sont assis en rond, autour d’un feu, et produisent eux-même le rythme de la danse, en poussant des ‘tchac – tchac – tchac’ immitant le cri des singes, et qui donnent son nom à la danse : la kecak.

Rizières, cérémonies et drôles d’oiseaux

Nous sommes sur la route, pour un demi tour* à la carte, concocté avec Wayan Tara, à proximité du village de Keliki,

Je ne me lasse pas du bel ordonnancement des rizières, des sourires donnés, échangés, de cette joie sereine que distille chaque parcelle de temps..

Sur la route de Payogan

Douce intimité avec le sacré, prendre soin de son karma, ici et  maintenant, partager.

Offrande à Dewi Sri, déess.e de la fertilité et du riz

Au Village de Payangan, une cérémonie se prépare. Wayan Tara raconte, les couleurs de la foi, la montagne et les dieux, la mer et les démons, les offrandes pour rendre grâce aux uns et apaiser les autres, les banyans arbres sacrés où habitent les esprits du bien, l’obligation de solidarité de chacun dans des communautés multiples.

Les femmes du village préparent des offrandes pour la grande cérémonie de Payangan

« Forces du Bien, puissances du mal ( Dans le Grand Guide de Bali – Gallimard) :

« Depuis la nuit des temps, les gens de Bali ont conçu un univers ordonné qui s’étend depuis les cieux, au-delà des montagnes, jusqu’aux profondeurs de l’Océan. tout dans la nature a une fonction, une place, un rang : les Balinais accordent à chaque élément naturel une signification magique et spirituelle. Tout ce qui est sacré est associé à l’idée de hauteur, aux montagnes et au majestueux volcan Gunung Agunf, en amont.

Tout ce qui est mauvais ou menaçant est du domaine des forces infernales, de l’océan insondable, en aval. Les gens doivent vivre dans la sphère intermédiaire : la plaine fertile entre mer et montagne.

La nature est donc constamment divisée en deux : haut et bas, droite et gauche, jour et nuit, force et faiblesse, santé et maladie, soit d’une manière générale entre le bien et le mal, la vie et la mort. Chaque élément illumine l’autre dans l’enceinte de la création et tout le rituel Balinais consiste à jongler pour maintenir un équilibre, une harmonie entre ces deux pôles »

Dans le beau jardin du « Bali Bird Parc »,et de son pendant le bali reptile park, une promenade amusée devant de drôles d’oiseaux du bout du monde,

Il n'y a que cet oiseau là qui ait eu l'air arrogant sur mon chemin

Il n’y a que cet oiseau là qui ait eu l’air arrogant sur mon chemin

confidence sur une branche au Bali Bird Park

confidence sur une branche au Bali Bird Park

Le rouge et le noir

Le rouge et le noir

Beaucoup de photos floues, les oiseaux rares** ne posent pas pour moi, c’est fou.

Une démonstration de vol où deux rebelles ne se laissent pas facilement récupérer, un moment de flottement à voir la gent ailée se rebiffer : le dresseur, Indiana Jones propret, grimpe sur un muret, avec, au bout des doigts, de quoi appâter le bel oiseau récalcitrant… qui ne s’en laisse pas compter…

Sur le chemin du retour une haie d’honneur de centaines de Bouddhas, Shiva, Ganesh et autre déités au milieu desquels s’égarent quelques grenouilles, c’est le village de sculpteur sur pierre de Batulaban,

 
La fabrication d'une statue de  Ganesh

La fabrication d’une statue de Ganesh

Un attroupement le nez en l’air : au milieu des feuillages j’aperçois un singe rouge, unique à Bali nous dit Wayan Tara, plus loin un singe noir se cache dans un gigantesque banyan où se dissimule une statue, mais le banyan est arbre sacré, demeure des esprits et refuge des hommes sous son feuillage, et nous ne verrons pas cet animal là.

Les curieux au pied de l’arbre, c’est parce qu’il se pourrait que le singe rouge, habitant du cimetière depuis quelque temps, soit une réincarnation d’Hanuman le dieu singe,

Quelques jours plus tard Wayan Tara apprendra avec tristesse la mort de ce singe dans le journal.

Quelques jours plus tard Wayan Tara apprendra avec tristesse, dans le journal, la mort de ce singe

Je n’ai gardé en mémoire de la cascade vers laquelle nous cheminons ensuite que sa fraîcheur bienfaisante, arbres et eau de haut en bas… dans le murmure des silences.

cascade aux environs d'Ubud

De Keliki, une pause thé en joyeuse compagnie plus tard, Eka  et Irak (né au moment de la guerre du même nom…) nous emmène en scooter au village de Petulu, voir les hérons du soir, venir par milliers se poser dans les arbres qui dominent le village.

On dit que ces aigrettes blanches sont l’âme des morts, venues se poser là, après la purge anti communiste de 1965,  alors les habitants prennent soin des oiseaux, qui reviennent et reviennent encore.

Plan de Ubud à Keliki

Plan de Ubud à Keliki

Gourmande; moi, c’est au marché de nuit de Tegallalang que je reviens et reviens encore, déguster des satay ayam (brochettes de poulet sauce au cacahuètes)  des martabaks (crèpes fourrées à la noix de coco, à la banane ou aus cacahuètes) ou des beignets de patates douces pour peanuts…

* demi tour : à Keliki, avec les chauffeurs-guide, on peut organiser ses excursions à la carte, comme on veut, avec qui l’on veut. Sur le tableau blanc les envies d’excursion du jour, ou du lendemain, ou même d’un peu plus tard, à partager, si l’on en a envie …

** les oiseaux rares = private joke

Raï, Nyoman, Eka etc. mes hôtes à Keliki

Le jour de mon départ, RaÏ, Nyoman, Eka me disent « n’oublie pas ta famille Balinaise » et ce blog je le commence pour eux, que je n’oublie pas, Pour les moments précieux partagés. Pour le sourire et la délicatesse de RaÏ, pour l’inénarrable rire de Nyoman qui le saisit comme vent de tempête et le secoue tout entier, pour la finesse, le sérieux et la douceur d’Eka leur fils et pour la disponibilité de tous les 3 ( 6 parce qu’il y a aussi les adorables Kadek, Irak et leur fils Adi dans ma famille  Balinaise…  et plus encore, si je compte ceux qui les entourent … famille et amis, jamais avares d’un sourire, d’un intérêt étonné sur nos drôles de façons d’étranger, d’un geste de la main, d’une explication, d’un moment de complicité silencieuse…)

Eka, fils de Nyoman et Raï , part au lycée en habit de cérémonie : c'est la lune nouvelle

Eka, fils de Nyoman et Raï , part au lycée en habit de cérémonie : c’est la lune nouvelle

A 6 h du matin tout le monde est levé, Nyoman et Raï se précipite pour me proposer de l’eau chaude pour la douche, les feux sont allumés dans les  « balé cuisine » , RaÏ a revêtu son sarong, noué sa ceinture et porte le panier d’offrandes qu’elle déposera à la porte du Balé,  au temple familial, mais aussi sur un pilier de la chambre d’hôte  sur la selle du scooter…  à côté du réchaud à gaz ou sur le frigo…

Lumière du petit matin dans la ruelle devant le Balé familial, Raï,  s'en va porter les offrandes

Lumière du petit matin dans la ruelle devant le Balé familial, Raï, s’en va porter les offrandes

La grand mère coupe et hache la noix de coco avec sa machette, Nyoman s’installe à sa table de peinture, les coqs cocoricottent, les chiens aboient, les papillons volètent, les écureuils tournent en rond dans leurs cages, et je sirote en rêvant un thé brûlant…

Très tôt le matin, Nyoman à sa table de peinture

Très tôt le matin, Nyoman à sa table de peinture

Irak, Adi et Kadek  sur la terrasse de leur chambre d'hôte

Irak, Adi et Kadek sur la terrasse de leur chambre d’hôte

(à suivre…)

De Keliki à Ubud, à pied

Immergée dans le paysage, émerveillée, tant de nuances de vert à traverser. Chemin étroit. Je marche derrière Nyoman. Le long du savant maillage des canaux d’irrigation, le   murmure de l’eau.

Je marche. Dans l’ombre bienfaisante des plantations, celle d’un bout de jungle égaré dans les rizières bien ordonnées.

Des petits temples, emmaillotés de sarongs jaunes (couleur du sacré) pour Dewi Sri, la déesse du riz

et tout près de la rivière Wos, dans le creux du chemin, un temple pour Vishnou

Nyoman me nomme les plantes et les fruits, les fleurs et les différentes sortes de riz, de palmiers. Il me désigne le chahut des écureuils dans les branches des arbres, dans le ciel les hérons, à portée de main les papillons aux ailes noires et bleues métallisées.

et puis les rencontres : avec le vieux monsieur, solitaire habitant de la jungle

avec un homme coupant l’herbe pour fabriquer les toits des maisons

Avec une jolie vache aux regard de biche

Etc.