Lanzarote (clichés) 3

 

Cuevas de los Verdes bis (2)

Pas (ou peu) de transport en commun, une jambe sur deux : j’adopte une jolie petite fiat jaune vif, flâne sur les routes désertes, dévisage le paysage, saisis au vol quelques  images, derrière lesquelles il aurait fallu pouvoir se faufiler :

Un facteur Cheval sans talent a entassé dans son jardin, à Téguise, des poupées défraîchies, d’antiques appareils électroniques sur des statues sans grâce mais non sans objet. Méli mélo kitsch et fatigué que le soleil éclaire par intermittence.

Des châteaux (de sable) en Espagne, playa del Reducto à Arrecife.

Couleurs intenses d’El Golfo. La menthe claire des rouleaux de Los Hervideros. Les salines bien ordonnées de Janubio.

L’oeuvre et la personnalité inspirées et généreuses de  César Manrique. Son empreinte lumineuse sur l’île sombre.

De belles demeures nichent dans les bulles, les entrailles de la terre, épousent la lave des volcans. Chaos du paysage, géométrie de l’homme. Palmiers ébouriffés. Dans le jardin de César Manrique, il y a des cactus.  Le temps se dilate et je traverse les heures sans attache, entre le vide et le plein. Ancrée dans le présent.

Charco de Los Gines, siroter un vaso de vino tinto,  rêver, dévisager les passants, musique en douce, « se habla espanol » et

– « podemos »

– « si, si » …vous pouvez prendre la chaise à côté pour y poser le petit chien blanc.

Philosopher en riant avec A. frêle femme brune, rencontrée là. Clartés changeantes. Tant de nuances. Comme la vie, comme la vie.

 

Pour atteindre les plages de Papagayo, il faut s’égarer au travers des cubes férocement blancs, terriblement semblables, de la station balnéaire de « Playa Blanca ». Payer 3 euros et se parquer au bout d’une piste de 3 km. Me manquent deux jambes en bon état de fonctionnement pour explorer dans le grand vent ces beautés désolées où j’aurais aimé me baigner, bercée par le joli balancement des vagues au creux des criques. Pour en repartir, il faut s’égarer plus encore, routes incompréhensibles, parkings et voies sans issue, cubes inachevés, tours et détours, César Manrique n’aurait pas aimé.