Péninsule Valdès

Se méfier des bateaux de croisière : toutes les petites voitures de location ont été réquisitionnées, pas d’autre choix que de prendre une excursion organisée.

Un minivan en provenance de Puerto Madryn vient nous cueillir, à la porte du bungalow, un chauffeur, la guide, cinq ou six touristes italiens et les pistes patagoniennes, deux maras (lièvres de Patagonie, hauts sur pattes) sont là, comme des sphinx sur une butte de terre, d’autres surveillent leur progéniture oreilles au vent.

Longues distances monotones et au détour du chemin, guanacos, nandous et pingouins de Magellan. Emerveillement.

Punta Delgada, les éléphants de mer, le mâle et son harem, petits grondements de moteur, aboiement, lutte de géants, sieste avec bain de sable pour se rafraîchir, l’Alpha surveille ses femelles, les maintient sur son territoire, veille à ce qu’aucun intrus ne vienne et sort de sa léthargie dès qu’une menace semble surgir.

Alerte à Malibu, un potentiel rival ?

Alerte à Malibu, un potentiel rival ?

Auprès de mes blondes (le mâle au milieu d'une partie de son harem)

Auprès de mes blondes (le mâle au milieu d’une partie de son harem)

combat de géants

combat de géants

Pause déjeuner (Punta Delgada est une réserve privée, seul endroit où apercevoir les Eléphants de mer en octobre, passage au restaurant obligatoire !), agneaux écartelés rôtis à la broche.

Agneau de Patagonie au feu de bois

Agneau de Patagonie au feu de bois

Retour vers Puerto Piramides, au loin, la saline rose et la saline blanche étincelantes dans la lumière.

Embarquement pour l’avistaje des ballenas, ce sont les tracteurs de couleur qui posent les bateaux sur la mer, allant à leur rencontre, elles sont bien là, pas beaucoup d’images, pas de photo de la baleine et de son baleineau qui batifolent, jouent et cabriolent autour de l’embarcation, seul le souvenir, les yeux écarquillés devant tant de beauté, émotion de leur présence à nos côtés.

Après mise à l'eau du bateau

Après mise à l’eau du bateau

Difficile d'attraper une baleine au vol, reste la queue !

Difficile d’attraper une baleine au vol, reste la queue !

Il faut imaginer sa présence à côté !

Il faut imaginer sa présence à côté !

Le soleil s’en va, laisse sa lumière rosir les falaises, balade en bord de mer, il n’y a que nous, six ou sept baleines jouant dans le doré du couchant, les oiseaux, quelques chevaux galopant, les tambours et de nouveau le silence. Délicieux dîner à la « Estacion » et un ciel sur la plage tellement ruisselant d’étoiles que l’on dirait un décor ou peut-être le papier étoilé pour ciel de crèche, quand j’étais enfant.

La Estacion à Puerto Piramides

La Estacion à Puerto Piramides

E. après dîner et dégustation d'une cuvée de "la fin du monde" à la Estacion

Dégustation d’une cuvée de « la fin du monde » à la Estacion

de Buenos Aires à Puerto Piramides

Un petit vent frais sur le matin, grincement d’une scie et valises dans tous les coins,  c’est Q Bus,  Via Bariloche, qui nous emmène à Puerto Madryn du terminal de Retiro. Départ à l’heure et embouteillages, traversée de bidonvilles, le côté sombre de la Boca s’étend bien au-delà des jolies maisons bariolées pour carte postale et touristes, nous surplombons ces étendues de misère entre deux étendues d’herbe et d’eau, pleines d’oiseaux, de fleurs et de chevaux, cohabitant avec les monceaux de sacs plastiques portés partout par le vent.

des kilomètres sans aspérités

des kilomètres sans aspérités

Un arrêt sur le bord du chemin pour les emplettes du chauffeur, dépassés par une carriole à cheval, un enfant danse en souriant dans la remorque, une petite fille repeint de gris sa robe rose au pied de la baraque vendant des « minutas », « protège-nous gauchito Gil » comme une incantation sur les autels repeints de rouge, fleurs et fanions et la poussière et les camions. La nuit ballotée,  le matin après longue traversée du paysage aride battu par les vents arrivée à Puerto Madryn, dont le charme principal est d’être la ville la plus proche de la Péninsule Valdès !

Vent poussiéreux, mer turquoise, je traverse la rue pour prendre une photo et m’entendre dire… que Dieu m’aime et me bénit… accessoirement.

Un taxi nous emmène à Punta Loma, dans des gerbes de poussière qui transforment les pauvres cyclistes pédalant là en « milanaise » . Les lions de mer se prélassent, se dandinent comiquement, au-dessus les cormorans nidifient, drôles de notes blanches et noires à portée de regard.

Pas de collectivo en fin d’après midi le week-end pour la Péninsule Valdès, un autre taxi nous emmène à Puerto Piramides où nous avons réservé deux nuits, guanacos et grand vent, moutons grassouillets et végétation maigre jusqu’au minuscule village au cœur d’une crique, le silence et la mer, les grands oiseaux, les lumières du couchant, nous sommes bien, enveloppées de nature et d’air vif.

La plage de Puerto Pyramides

La plage de Puerto Piramides

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Petits détails pratiques, budget

Aller simple en cama Retiro (Brs Ars)/ Puerto Madryn avec Q bus, Via Bariloche : 610 pesos

Toutes les excursions sont organisées au départ de Puerto Madryn

Taxi Puerto Madryn / Punta Loma : 200 pesos/par personne

Taxi Puerto Madryn / Puerto Piramides 420 à 850 pesos

Excursion une journée Péninsule Valdès au départ de Puerto Madryn : 420 pesos / personne (possibilité de se faire déposer à Puerto Piramides ce qui économise un trajet)

Avistaje de Ballenas 420 pesos /par  personne, les hôtels proposent en général une réduction de 10 % sur les excursions

Les bungalows de "la Posta"

Les bungalows de « la Posta »

Bungalows la Posta à Puerto Piramides : 370 pesos/4 personnes, bon rapport qualité prix.  Le soir venu Puerto Piramides déserté par les touristes est tout sérénité. Nous avons adoré.