Brèves de Corée du Sud

Brèves images étonnées,  topiaires lutins, fils du ciel et nuances de soie, lumières  poétiques, couleurs et saveurs dépaysées, la relève de la garde comme un jeu sérieux, cris rauques et martèlement du pied, la ville encombrée, le Palais au temps arrêté, la Montagne, tout près. Brèves de Corée.

 

Brèves de Corée du Sud (Séoul)

Escale à Hongkong, intempéries, moiteur. Par les baies vitrées, regarder le lent ballet des grands oiseaux colorés,  dragons et  fleurs. Au loin enrubannées de lourds nuages noirs, les montagnes. A leurs pieds des buildings sans grâce où entasser des portions d’humanité.  La salle d’attente étrangement silencieuse. Au-delà, la mer de Chine.  Rêver d’autres horizons.

Gate 48 delay… monter dans l’avion, excuses du commandant, attendre, descendre de l’avion, rejoindre le quai 61, la nuit est tombée, 3 heures et demie de retard, minuit sera passé quand j’arriverai, plus de limousine… Mais la surprise heureuse d’être attendue.

Autoroute vers Séoul déserte dans une brume de nuit, il est 2 heures quand je me couche (à l’heure de Séoul) et 3 h quand je me lève (à l’heure de Paris)

Une subtile odeur d’encens sous les lampions jaune, orange, vert, rose, bleu pétants. Prières volent. Les nonnes vêtues de gris devisent en chuchotant.

Pause café aux pieds des buildings, grand uniforme feutré. Des nuées d’hommes en pantalon de costume, chemise bleue pâle ou blanche et cravates au vent,

Le grand V d’un vol d’oies sauvages sur le fleuve Han.

Dans la journée ensoleillée je remets les pendules à l’heure de l’Asie, Insadong et maisons traditionnelles, l’artisanat, les buildings et le fatras, les grandes artères et les ruelles étroites, retrouvé le contraste.

Milliers de petits rubans jaunes volent au vent, élan vers les âmes des enfants noyés dans l’océan indien (le naufrage du Ferry en partance pour Jeju Do est présent dans les esprits, comme une fracture ouverte dans le coeur des gens)

4 montagnes enserraient Séoul à l’époque de la dynastie Joséon. Namsan Park la nuit, murailles de cette ancienne ville là, et en bas des broderies de lumière qui les débordent largement et absorbent l’ombre en scintillant.

Séoul la nuit depuis Namsan Park

Figé sur l’herbe un lapin blanc et noir me dévisage. Ce n’est pas une statue puisqu’il se retourne, laisse voir trois drôles de points noir sur son échine quand il s’échappe en bondissant.

Gwangjang market, au milieu d’une débauche de hanboks, avec un mètre de couturière, la vendeuse fait sa gymnastique.

Dégusté (est-ce bien le terme ?) un ver à soie qu’une petite vieille enjouée et bavarde glisse d’autorité entre mes lèvres. C’est le coin des groins et du boudin à l’odeur forte, dont se régalent de bon matin, quelques amateurs éclairés. Etals étrangers, paniers cadeaux à imaginer, garnis de poulpes et de poissons séchés, gâteaux de riz et fruits déguisés, les pochettes de soie brodées, les hanboks colorés.

Les néons de Myeong dong, la foule agitée, bigarrée, sono saturée.

Le salon particulier d’un restaurant traditionnel où de jolies jeunes femmes en Hanbok assurent le service, silencieuses et souriantes, font glisser les portes coulissantes, les plats se succèdent, esthétiques et goûteux, délicieux au palais, à l’œil, les conversations se croisent et s’harmonisent en plusieurs langues, deux cultures, sourires et rires, protestations affectueuses, déclarations d’amitié, célébration de l’amour, un couple d’oie sauvage, un bouquet de roses rouges et l’émerveillement de se comprendre sans parler, mères de deux continents différents accompagnant l’engagement de leurs enfants.

Relève de la garde à Gyeongbokgung, au pied de la montagne, assise à l’ombre du portail d’entrée, crissement des graviers, exclamations des hordes d’écoliers en uniforme, élégantes sous parapluie,  bref et rauque l’appel du garde à se mouvoir d’un pilier l’autre, comme un sérieux jeu de quatre coins.

Une petite fille à ailes de papillon et paillettes dans le dédale du palais austère, arpenté par les maîtresses d’école et leurs élèves appliqués, cloisons de papier,salles dépouillées,

Diner dans un joli restaurant traditionnel tenu par le hippie du coin, assis par terre, la bouche en feu et les rires. E. les yeux écarquillés par un long voyage deux (oui 2 !) nuits et sa première soirée en Asie.

Seule, héler un taxi dans le tout petit matin, le premier contemple la carte de visite sur laquelle la belle écriture de M. a noté des indications, mais le chauffeur a beau rapprocher et éloigner successivement la carte de ses yeux, la lumière ne vient pas et il reste coi avant de me faire signe qu’il ne sait pas.

Gagner le droit de héler un autre taxi. Étrange sensation que d’être véhiculée sans vraiment savoir où je vais, par un taxi dont je ne suis pas sûre qu’il le sache mieux que moi…

Guitare électrique et pina colada to take out sur Insadong, il fait doux et la rue bruisse.  Tout autour des dizaines de policiers, à peine sortis de l’enfance, matraques lumineuses à la main, patrouillent en groupe fluorescent.

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Petits détails pratiques, budget (moyenne… il y a moins cher et … bien plus cher !)

A/R Paris/Séoul via Hong Kong avec Cathay Pacific : 599 €

Bus limousine entre Incheon et le Centre de Séoul : 10.000 won (environ 7,50 €)

Hébergement : environ 40.000 won/chambre (30 €)

Repas  au restaurant  : 7000  à 15000 won (de 5 à 10 euros café inclus)

Location de voiture avec GPS 60.000 won (40/45 €)

Taxi : entre 5000 et 12000 won (3/9 €)

Entrée dans un temple : 3000 won (2 €)

Trajet en métro : 1050 w (80 c)

Bus entre Séoul et Gangneung (au Nord Est) 21500 won (environ 16 euros)

Bus entre Séoul et Suncheon (au Sud Ouest) 18000 won (environ 13 euros)

Train Korail Séoul/Busan (au Sud) 37.000 won (environ 26 €)

 

Entre Passé et futur

 

De l’art de fluidifier

Cet ailleurs en trompe l’oeil

Où suis-je ?

Au bord de l’infini*, des douceurs sous blister à Gyeong Ju

Sous le noeud gordien de la modernité à Séoul

Ne pas négliger la force du dérisoire,

Regarder, étonnée,  le paysage, l’attitude ou le geste d’un personnage, les jeux d’ombres et de lumière

Vivre tout évènement quotidien dans les coordonnées de l’éternité pour écrire

L’inventaire rêvé d’un voyage loufoque et poétique.

 

* à gauche de la photo sous le tumulus, une tombe royale

Couleurs d’ailleurs (Séoul)

Dans la litanie de jours gris, envie de glisser les couleurs d’un marché dépaysé,

Un ailleurs en Asie

Dense la foule, affairée, bigarrée, autre alphabet, avec bonheur s’égarer, perdre ses repères, se retrouver,

Au dehors, à boire et à manger, au milieu des commerces beuglant leur publicité, écrans géant, camelots, couleurs flashy et contrefaçons sans façon

Au-dedans, cheminements  étroits entre les étals, croulant sous les couleurs

Parfois,  seule la minuscule tête d’une vendeuse émerge, comme posée là au milieu du fatras…

Fatras où l’on déjeune,  joue et dort entre deux clients, deux passants… en deux temps, trois mouvements