Musée National, Angkor Thom, The Bayon, Angkor Vat

Un petit enfant nu sur le balcon d’en face joue avec un chiot en poussant des cris de joie, tandis que nous prenons notre petit déjeuner, thé, pain grillé et salade de fruit frais. Puis tintamarre et flonflons une procession passe sous le balcon de la chambre plus grande que nous avons choisie tout en haut du manoir.

le petit marchand au coin de la rue

le petit marchand au coin de la rue

Nous allons à pied au Musée National, en nous perdant un peu, les petits commerces de guingois sur le pilotis, les enfants pieds nus dans la boue, les vélos et motos soulevant la poussière, tout l’apparat de la misère à côté de la rivière fait place à des parterres bien verts, de superbes massifs fleuris autour de bâtiment pimpants. On trouve au musée les trésors des temples, mille bouddhas et statues d’Apsaras (danseuses célestes) écriture sanscrit, dans une mise en scène et en lumière sereine.

dans la rue qui mène à notre guest house

dans la rue qui mène à notre guest house

un choeur de pierre

un choeur de pierre

Une petite pause déjeuner pour 3 dollars chacun au vieux marché, avant d’embarquer à bord du tuk tuk qui va nous emmener au temple d’Angkor Thom,  puis The Bayon visages géants dont le regard porte si loin dans un autre espace temps et terrasse des éléphants, celle du roi lépreux. Devant tant de grandeur, s’incliner.

Angkor Vat est en travaux, ce qui lui donne une drôle d’allure sous son couvre chef vert,

Et puis Angkor Vat est submergé par des vagues de touristes en car,  minibus, tuk tuk, motos que convoitent d’innombrables vendeurs de babioles souvenirs qui enlèvent un peu de la magie des lieux.

Petite fille

Petite fille

Et c’est la fin de la journée, alors nous apprécions un peu trop rapidement les kilomètres de fresques toute en finesse qui relatent batailles et victoires et triomphes et domination de cet empire ancien.

sur le chemin de la guest house, la petite fille et les chiens

sur le chemin de la guest house, la petite fille et les chiens

Arrivée à Siem Reap

55 minutes à survoler le Cambodge inondé, vastes étendues liquides, on éprouve du regard ce qu’a pu être le désastre !

Déjà l’aéroport de Siem Reap tout mignon dans un écrin de verdure, il faut y patienter pour se faire établir un visa, contre 20 dollars US, une photo et nos empreintes digitales.

survol du Cambodge inondé 1er décembre 2011

survol du Cambodge inondé 1er décembre 2011

Une aimable dame appelle notre guest house, le River Manor Hôtel qui nous envoie un tuk tuk dans lequel nous entassons nos bagages, bel exercice d’équilibre et de maîtrise pour notre chauffeur !

Première vision de Siem Reap verte et bigarrée, passés les hôtels anonymes de l’avenue qui mène de l’aéroport à la ville, nous longeons la rivière teintée de boue, le long de laquelle se pressent des maisons sur pilotis, baraques ou cabanes, c’est selon. Un peu boutique aussi quand c’est possible. Toutes de guingois et accusant le poids des ans.

Notre guest house, dont le propriétaire est australien  (cherchez l’erreur),  est installée dans un manoir à l’ancienne, un imposant escalier de bois vernis mène aux chambres au charme un rien désuet. Un perroquet bavard monte la garde.

ah mon beau sapin à Siem Reap

ah mon beau sapin à Siem Reap

Une abondante pluie de mousson trempe notre départ vers le vieux marché, où nous nous désaltérons d’un jus de coco (une calotte tranchée dans la noix et une paille pour boire le jus) en nous délectant des couleurs locales, oh ces enfants émerveillés à demi nu devant un sapin de noël ! Un peu trop de mendiants, de marchands mais cela fourmille et c’est vivant, belle architecture coloniale aux tons vifs ou pastels…

Le tuk tuk et son chauffeur sont à notre disposition pour quelques dollars (ce qui compte pour le tarif, c’est la distance, plus que le temps passé) et nous emmène acheter  notre forfait pour l’entrée dans les temples. (un forfait 3 jours = 45 dollars, en l’achetant en fin d’après midi  la veille du 1er jour de validité on peut commencer à l’utiliser le soir même)

dans la cour du River Manor Hôtel notre tuk tuk a mis sa protection contre la pluie de mousson

dans la cour du River Manor Hôtel notre tuk tuk a mis sa protection contre la pluie de mousson

Une piste de latérite brodée du vert intense de la forêt  conduit au temple de Pre Rup, et nous grimpons une à une les marches géantes pour contempler le coucher du soleil sur la jungle et les temples fatigués de porter tant d’années, atmosphère irréelle et magique.

Sur les conseils de notre hôte, nous dinons dans un restaurant de bonne cuisine khmère, havre de lumière perdu dans le noir.

Le restaurant est à proximité de la guest house mais il fait si nuit que nous empruntons un  tuk tuk qui slalome avec virtuosité dans une boue glissante entre d’énormes creux remplis d’eau, pour nous mener à bon port.

petit clin d’œil enfantin, complicité joueuse

petit clin d’œil enfantin, complicité joueuse

Sur les tables l’aérosol anti moustique et dans nos assiettes, crevettes en pétard, brochettes au poivre de Kampot et calamars acoquiné avec des branches vertes encore de ce  même poivre parfumé et piquant.

Le diner fini, notre chauffeur reviendra nous chercher, pour le même prix, et à l’abri nous entendrons une bonne partie de la nuit la pluie qui chantonne et  noie le pays dans sa boue rouge.